La Commission européenne accorde un label vert au gaz et au nucléaire.

04/02/2022 : Attendue depuis longtemps par les partisan·e·s du nucléaire, cette décision de la Commission européenne ne laisse pas indifférent et les protestations de toutes parts se font entendre. À commencer par l’Autriche qui décide de mener une action en justice.

Que dit le texte voté ?

Le texte, aujourd’hui controversé, voté par la Commission européenne devait initialement inciter les investissements privés dans des secteurs d’activité qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre.

C’est la clause incluant les installations de gaz et de production d’énergie nucléaire à la liste de ces secteurs qui crée la polémique.

Pour être plus précis, la Commission européenne, a recours à une nouvelle classification, appelée taxonomie verte. Cette classification accorde un label vert aux centrales nucléaire et à gaz de manière provisoire.

D’après le texte, dès que de nouvelles énergies alternatives, capables de répondre à la demande des consommateur·trice·s, seront considérées comme viables, les centrales nucléaires et à gaz seront rejetées de la classification.

Ainsi, nucléaire et gaz rejoignent la liste des énergies durables, titre réservé jusqu’ici aux énergies renouvelables, et s’inscrivent dans le plan de l’Union européenne visant une émission carbone nulle à l’horizon 2050.

Cette classification ne remet pas en question, pour le moment, l’appellation électricité verte, massivement utilisée par les fournisseurs d’énergie en France.

Qui s’oppose à ce texte ?

Les opposant·e·s au nucléaire n’ont pas attendu que le texte soit voté pour se faire entendre. ONG, partis politiques, et même pays membre de l’Union européenne condamnent collectivement cette décision.

Ils et elles considèrent que l’incitation au développement de ces centrales au nom de la lutte contre les émissions carbone n’a pas de sens. Encore moins de considérer ces énergies comme durables.

On compte parmi les pays membres s’opposant à cette décision, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, le Luxembourg et enfin l’Autriche qui décide de porter plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne selon l’AFP.

Au-delà d’une classification considérée comme irrespectueuse des objectifs écologiques de l’UE, les pays s’opposant au vote de la commission reprochent un détournement des fonds réservés à l’énergie renouvelable.

Le budget alloué à la transition vers ce type d’énergie sera effectivement dirigé également vers le développement du gaz et du nucléaire. On ne sait pas encore si cette décision affectera ou non le prix de l’énergie.

La France, elle, avec 67% de sa production en électricité provenant de l’énergie nucléaire est, sans surprise, à la tête des pays défendant le texte. Et ce, bien que le débat fasse rage sur son propre territoire à l’approche des élections présidentielles.

Mis à jour le 29 Mar, 2022

redaction Qui sommes nous ?
Redactor

Antoine