COP24 : en Pologne, l’urgence pour la planète

Résumé : La  COP24, nom informel pour désigner la 24ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, se tient jusqu’au 14 décembre à Katowice, en Pologne. Quels sont ses enjeux et dans quelle mesure peut-on dire qu’il s’agit d’une « dernière chance » pour le climat ?

La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a vu le jour à Rio en 1992 et depuis, ses Etats membres se réunissent annuellement. La Conférence des parties passe en revue, à la lumière de l’actualité et des découvertes scientifiques, les avancées de chaque Etat dans la réduction des gaz à effet de serre.

L’Accord de Paris, adopté en 2015 lors de la COP21, a été une grande avancée symbolique et médiatique. Il a valeur de traité international contraignant, et il s’agit maintenant pour les pays signataires de les mettre en vigueur. Après la COP22 de Marrakech, et la COP23 de Bonn, place à la COP24, qui devrait être la dernière étape de définition de règles techniques d’un processus entamé il y a vingt-cinq ans.

Les objectifs de la COP24

Bon à savoir

La COP24, composée de 197 parties, a pour objectif majeur de faire appliquer les règles des Accords de Paris.

réchauffement climatiuqueRappelons que l’objectif fixé en 2015 était de limiter la hausse de la température à moins de 2°C d’ici 2100. Or, en octobre, les experts du GIEC (Groupe inter environnemental sur l’évolution du climat) publiaient un rapport alarmant sur le réchauffement climatique, faisant état d’une hausse réelle de 1,5°C.

L’urgence donc, selon eux, serait de contenir la hausse et de baisser les émissions de gaz à effet de serre de 45% à 2030… Ce qui nous laisserait douze ans pour agir, alors même que le charbon reste la première source d’électricité dans le monde !

Depuis 2016, les pays signataires de l’Accord de Paris en négocient les modalités pour mettre en vigueur le traité en 2020.

Le deuxième objectif est de fixer la « neutralité carbone » : l’équilibre à atteindre entre les émissions de carbone par les hommes et leur retrait de l’atmosphère. En clair, un objectif de zéro émissions nettes de CO2.

C’est l’enjeu du Rulebook, l’ensemble des décrets découlant de l’Accord de Paris. Le nerf de la guerre désormais est de détailler les actions des parties pour répondre à ces objectifs et surtout définir des mécanismes de contrôle pour assurer la transparence des actions… Et éviter qu’elles ne soient qu’un vernis pour cacher des activités très polluantes par ailleurs.  Il s’agit pendant la COP24, selon Wolfgang Cramer, économiste du Giec, d’éviter le « double jeu » de certains pays membres, et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les engagements pris.

En effet, beaucoup déplorent l’inactivité des Etats, et la profusion de bons sentiments doit laisser place à l’action et au respect des engagements sous la contrainte.

Vers une « transition juste »

transition énergétiqueLors de la cérémonie d’ouverture, le président polonais Andrzej Duda a insisté sur la vocation sociale de ces accords : pour une « transition juste », qui n’oublie pas les conditions de vie des humains : le droit d’avoir un travail décent, la création d’emplois dans la transition énergétique…

L’autre priorité, cette année, outre de se donner les moyens, c’est donc d’assurer cette transition juste, qui ne laisse aucun peuple de côté. En cette période où la taxation écologique fait débat, il apparaît plus que nécessaire d’agir pour la fin des énergies non renouvelables sans pour autant contraindre les sociétés à des changements trop brutaux qui changeraient leur niveau de vie.

L'urgence climatique

Le paradoxe peut sembler énorme, tant la Pologne est dépendante de l’économie du charbon et les sponsors de la conférence comptent parmi les plus gros pollueurs du pays.  Hausse du niveau des océans, vagues de chaleur, catastrophes naturelles et incendies… Il y a véritablement urgence à sortir de ce modèle, car l’année 2018 a été une succession d’urgences climatiques et de rapports alarmants.

Les COP, c’est aussi le principe du « Fonds vert pour le climat » : dans cette logique, les pays développés assistent les pays moins développés dans la transition énergétique. Les premiers doivent verser 100 milliards de dollars par an, jusqu’en 2020, au Fonds vert dans cette optique.  La COP, c’est aussi le dialogue entre les nations et une certaine solidarité : c’est ce que veut mettre en avant le Dialogue de Talanoa.

Le point sur le dialogue de Talanoa

Le dialogue de facilitation de la Conférence, appelé dialogue de Talanoa, a débuté début 2018 sous l’impulsion de la présidence fidjienne de la COP23. C’est une sorte de dialogue interactif, en parallèle des négociations, qui facilite celles-ci et encourage les Etats signataires à « partager du sens » et à effectuer un bilan global de leurs émissions respectives de gaz à effet de serre, durant la COP24.

Sources

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/hote-de-la-cop24-la-pologne-choque-en-refusant-dabandonner-le-charbon

https://www.climate-chance.org/agenda/cop24/

https://www.novethic.fr/lexique/detail/cop24.html