Bilan #SIA 2019

Résumé: Durant 9 jours, animaux de la ferme, engins agricoles, producteurs ont envahis le Parc des expositions à Paris. Du 23 février au 3 mars 2019, la 56ème édition du Salon International de l’Agriculture s’est déroulée. De nombreux visiteurs, ont déambulé dans les allés du salon, malgré une légère baisse contrairement à l’année précédente.

Quel est le bilan du salon ? Quelles sont les actions à venir ? Notamment pour s’intégrer dans la transition énergétique et environnementale.

Un peu d’histoire

Le Salon International de l’Agriculture est un moment fort de l’année pour le monde agricole, mais également les hommes et femmes politiques et les curieux qui souhaitent en apprendre un plus sur ce milieu. Mais comment le salon a-t-il débuté ?

En 1844, la première édition du concours des “animaux gras” est lancé à Poissy (Yvelines), il s’agit de l’un des deux plus grands marchés qui approvisionnent la capitale en animaux de boucherie. On peut voir ici l’une des premières formes du salon de l’agriculture. Mais il faudra attendre plus de 20 ans, 1870, pour voir apparaître le 1er salon de l’agriculture, avec le concours général agricole de Paris.

L’événement plaît et environ 100 ans après son lancement, il prend un tout nouveau tournant, en devenant le premier Salon International de l’Agriculture. Il ouvre ses portes en mars 1964 et dès sa première édition, il séduit avec 300 000 visiteurs et devient dès lors un rendez-vous incontournable.

Du biogaz grâce au SIA

Le salon séduit toujours tentant à chaque édition de se diversifier pour séduire le plus grand nombre. Cette année, les organisateurs ont décidé de s’engager pour la transition énergétique et environnementale, avec une action simple mais qui apporte beaucoup.

Le SIA (Salon International de l’Agriculture) c’est 600 tonnes de fumier produites en seulement 9 jours, mais cette fois-ci, elles ne partiront pas à la benne. Les organisateurs ont mis en place un partenariat avec le zoo de Thoiry, qui travaille avec une unité de méthanisation et qui produit du biogaz. 250 tonnes de fumiers du SIA seront donc transformés en énergie renouvelable. Il permettra notamment de chauffer l’abri des girafes du parc animalier.

« Il est mélangé avec d’autres déchets, des déchets verts, par exemple des fruits et légumes invendus et il va fermenter. Ce biogaz ensuite est filtré et devient du biométhane et il est injecté dans le réseau de gaz de ville », Colomba de La Panouse, directrice du zoo de Thoiry.

L’unité de méthanisation de la ville de Thoiry, a été ouverte en septembre 2018. Elle offre la possibilité au zoo et à ses 40 partenaires, de transformer leurs bio-déchets en biogaz et donc de produire de l’énergie.

Il faut 21 jours pour que le processus de transformation valorise les biodéchets en énergie ensuite le gaz peut-être utilisé sous la forme de chaleur, d’électricité ou encore de carburant.

Mais comment le biogaz est-il créé ?

“Les résidus sont mis en contact avec un concentré de bactéries et de micro-organismes qui vont dégrader la matière. Après un processus de 21 jours sous 55°, le biogaz se forme. Il est ensuite purifié pour obtenir la même qualité que le gaz naturel et devient ce qu’on appelle du biométhane.” Source : Le Parisien

Aujourd’hui, le biogaz de l’unité de méthanisation de Thoiry permet de chauffer les enclos des girafes et des éléphants du zoo, mais également le château de la ville et 9 communes des alentours.

La fabrication du biogaz, permet donc de recycler un bio-déchet et de créer une énergie verte. En plus de cela, lors du procédé de fabrication de ce gaz, une autre substance très utile est créée. Il s’agit du digestat, un engrais naturel qui permet de remplacer les engrais chimiques.
En somme avec le biogaz, il y a un double enjeu, assurer la transition énergétique, en proposant une énergie propre et aider la transition agricole, et proposer un engrais naturel et des solutions de recyclage des déchets naturels.

Un salon alternatif pour une agriculture alternative

Avec cette initiative, le salon montre et suggère une nouvelle facette de l’agriculture mais pour une véritable prise de conscience collective, cela ne suffit.
Depuis 3 ans, en marge du SIA, un festival d’un nouveau genre voit le jour. Il s’agit du moment de partage “Sortons l’agriculture du salon”.

C’est un événement qui se déroule durant une semaine, pendant le SIA, et qui a pour but de réunir agriculteurs responsables et consommateurs. C’est un moment de partage où chacun se retrouve autour d’ateliers, projections de films et marchés de producteurs.

Le projet est né suite à un bilan, le SIA permet de découvrir l’agriculture mais ne met pas suffisamment en lumière l’agriculture alternative. Pourtant, la planète chauffe et il devient urgent que chacun en prenne conscience. Le but de ce salon alternatif est donc de rassembler des personnes, qui chaque jour luttent en faveur d’une agriculture plus responsable et plus respectueuse de l’environnement et de l’homme. De plus, avec ce festival, il y a aussi une volonté de valoriser une agriculture viable économiquement.
En sommes les valeurs de “sortons l’agriculture du salon” sont : une véritable démocratie alimentaire, le respect des sols, des écosystèmes, des hommes et une agriculture qui pense au futur.

“Pour nous Sortons l’Agriculture du Salon n’est pas un contre-salon, mais plutôt un autre salon qui se veut complémentaire” Elisabeth Martin, directrice des événements chez Alimentation Générale.

Chaque année, le festival aborde un thème différent, qui met en avant différentes initiatives, par exemple : la récupération des invendus pour lutter contre le gaspillage alimentaire et les alternatives pour sortir d’une agriculture intensive, en mettant en avant la filière bio ou encore la permaculture.

La permaculture c'est quoi ?

“La permaculture est un mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants.” Définition : Le Petit Robert

Le SIA 2019 en chiffres clés

Le Salon International de l’Agriculture reste néanmoins un très grand événement en France, voici les chiffres clés de l’édition 2019 :

  1. 56ème édition
  2. 633 213 visiteurs légère baisse de 6% comparé à 2018
  3. 57 visites officielles dont une visite historiquement longue d’Emmanuel Macron, 14 heures et 40 minutes !
  4. 65 délégations étrangères de 49 pays différents
  5. 5 tonnes de produits frais, issus des invendus des exposants, récupéré par la Banque Alimentaire
  6. 600 tonnes de fumier