Développement durable : Google met son grain de sel

Le développement d’Internet de façon exponentielle ces 15 dernières années été favorable sur de nombreux points. Avec Google, on peut désormais réserver une voiture, un hôtel ou une séance de cinéma en quelques clics, connaître le temps qu’il fera demain à Hanoï, passer des heures devant des séries ou connaître les dernières tendances en matières de complot mondial reptilien. Bref, que du bonheur.

Sauf que, revers de la médaille, les serveurs des moteurs de recherche sont des monstres énergivores qui font passer les moteurs Diesel pour des altermondialistes écologistes.

Rien qu’aux USA (là où tout commence), ils consomment 3 % de la production électrique, et rejettent autant de CO2 que l’ensemble du trafic aérien américain. Soit autant que 5 000 avions dans le ciel…par heure. On imagine facilement l’impact sur l’environnement si ça continue comme ça, et c’est bien parti pour…

Google, l’éléphant qui regarde où il met les pieds

 

Premier coupable : Google. Le maître d’Internet caracole en tête du classement des plus gros pollueurs de la planète. Parallèlement, la Silicon Valley où se situe son siège  est située en Californie. De tous les états américains, c’est elle qui fait office de précurseur dans le pays pour ce qui est de la volonté d’intégrer les contraintes environnementales dans la vie quotidienne. Tout n’est donc pas perdu. Refusant de hurler avec les loups américains, Google a montré de par ses nombreuses initiatives mise en place depuis 2007 qu’il souhaitait au contraire agir de façon green-friendly.

Énergie renouvelable : “espace de stockage insuffisant”

 

Le groupe de Sundar Pichai s’est attaqué cette fois à l’équation complexe qu’est le problème du stockage de l’énergie. Et ça tombe bien, ils aiment les maths, chez Google. Actuellement, le recours aux énergies renouvelables pour alimenter les réseaux électriques implique une problématique de taille : le stockage. Le décalage entre les moments où la nature permet de collecter l’énergie à partir du soleil ou du vent à des périodes qui ne sont pas en phase avec la production. Autrement dit, le problème d’équilibrage du réseau.

Faute d’un système de stockage adapté à la fois abordable et durable, on a observé un gaspillage conséquent de ces énergies vertes. Un problème que Google se propose de résoudre… en utilisant du sel.

L’idée d’utiliser du sel comme méthode de conservation n’est pas nouvelle. Au Moyen-Age, ce condiment était déjà utilisé pour empêcher la viande de pourrir. Mais les vrais pionniers de la salaison furent les Anciens Égyptiens qui s’en servirent pour conserver… les momies, et leur donner un arrière-goût. Le sel, l’arme anti-gaspillage écolo ?

Comment ça marche, concrètement ?

Le projet a été baptisé Malta par ses créateurs, les chercheurs du “X”. Pas de sous-entendu : c’est le laboratoire de recherche et développement d’Alphabet (la maison-mère de Google). Cet article prend de plus en plus de relents de Marvel. Le système se présente sous la forme d’une centrale électrique composée de quatre réservoirs reliés par des tuyaux à une pompe à chaleur.

Stocker l’électricité…

 

Deux des réservoirs sont remplis de sel, les deux autres contiennent un antigel ou un hydrocarbure liquide. Lors de l’arrivée de l’électricité, deux flux d’air se créent, l’un chaud, l’autre froid. Le premier chauffe le sel tandis que le second refroidit l’antigel. L’énergie est alors stockée pour une durée variant de plusieurs heures à plusieurs jours, selon le niveau d’isolation des réservoirs.

Selon les ingénieurs en charge du projet, le concept n’est pas nouveau. Visiblement, la physique thermodynamique, c’est le b.a-BA des études scientifiques. Tout le monde peut y arriver en se donnant un peu de mal (comme l’enfilage de housse de couette).

Là où Google innove, c’est qu’il est parvenu à développer un système pouvant fonctionner à basse température. Pas besoin de matériaux céramiques et d’aciers très coûteux.

… Et la réinjecter

 

Et la seconde phase ? C’est simple, c’est le contraire. Le processus est inversé. Les flux d’air (chaud et froid) sont dirigés vers une turbine qui va produire de l’électricité injectée à la demande dans le réseau. Pour le moment, le dispositif développé par Google est un prototype. Il n’a pas encore été testé en conditions réelles sur un réseau électrique. Selon les ingénieurs du laboratoire X, ce système de stockage pourrait être dimensionné pour desservir des grands sites industriels et des centres de données. Mais aussi bien de petites fermes éoliennes ou photovoltaïques.

La bonne nouvelle, c’est que Google n’aura pas à chercher très loin pour lancer un crash test de son dispositif de salaison 2.0 : le groupe possède le plus grand parc solaire des États-Unis. 9212 panneaux avec un rendement de 1,6 MWH d’électricité.

Le géant des moteurs de recherche a annoncé qu’il visait le 100% vert en 2017.  Il a jeté ça comme ça, entre entre la poire et le fromage alors que 2017 se termine dans 5 mois mois (si, si !) et que Trump a récemment annoncé le retrait des États-Unis des Accords de Paris sur le climat. Mais on le sait bien, les politiques peuvent faire les malins, Google domine le monde (vous n’avez pas vu American Gods ?). Qui sait jusqu’où il ira pour permettre à ses utilisateurs de profiter de contenus toujours plus brillants et informatifs ? Comme Game of Thrones, Rick et Morty, les memes et le Gorafi ?

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