Du Whisky et du tri

Quel est le point commun entre du whisky, un côté de Paris et de petites maisons ? Sans doute d’abord une adresse de distillerie de qualité à mettre sur votre prochaine route éthylique, mais aussi très probablement la voie sur laquelle votre futur nid se retrouvera.

Une cuvée écologique

Attendez, il n’est pas question de dérapage écologique, cette fois, il est question de maison. Vous savez, ces murs qui s’imprègnent de vos habitudes et de votre vie avant que votre descendance ne fasse pareil. Parfois ces murs vous choisissent, après un coup de foudre immobilier, ou c’est vous qui les choisissez lorsque tout est à imaginer. Que penseriez-vous alors de pouvoir, en rentrant d’une soirée arrosée avec vos meilleurs potes, ou après un débat enflammé face à des écologistes acharnés de prendre la décision la plus rationnelle qui soit dans une situation pareille : descendre dans sa cave à whisky (imaginaire ou non) et ouvrir un fût. Une bonne rasade, deux, et trois. Le verre allégé et l’esprit soulagé, si votre moitié vous voyait, qu’elle serait la meilleure réponse face à un regard accusateur ? « Mais enfin, c’est pour l’avenir ! Pense un peu à notre futur ! Tiens, aide-moi à vider ca, on va bien en faire quelque chose ! ». C’est probablement d’ailleurs comme cela que Roger Douda a commencé dans son village écossais de Findhorn. Quelques fûts plus tard, une maison apparaît, et peu à peu, un village entier ! Considéré comme le premier éco-village d’Europe, Findhorn isole ces maisons grâce à des matériaux de récupération et a mis en place des jardins collectifs en permaculture. Le village a d’ailleurs reçu le prix ONU Habitat pour son engagement.

Les Tiny Houses

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Aussi surprenant que cela puisse paraître, une véritable communauté s’est développée avec des solutions écologiques prévues pour développer des maisons uniques, durables, et à caser dans une conversation entre deux verres. « D’ailleurs, tiens, ce bourbon, il a pas fini dans ma salle de bain, mais en salle de bain ! ». Vous n’y croyez toujours pas ? Pourtant, quelques lieues et contrées plus loin, c’est en France que les Tiny Houses on commencé à apparaître de leur côté. En proposant la liberté de création, avec pour seule adresse la terre sur laquelle repose votre habitat, ces petites maisons avant-gardistes font découvrir un habitat inédit, pour qu’un refuge idéal pare le fond de votre jardin comme votre prochain spot de randonnée.

Lorsque Katrina a rappelé aux américains qu’aucune maison n’est un abri indestructible, Jay Shafer a répondu avec ce concept de maison alternative, déplaçable et fabricable à moindre coût. Maintenant arrivée sur les rivages français, les petites maisons en bois montées sur roues de Tiny House ne laissant pour seule empreinte sur le sol que la coquille en bois posée sur un plateau de remorque. La maison est nomade sans être une caravane et peut être installée sur un terrain non constructible, sans dégradation du site : on oublie le permis de construire et la taxe d’habitation, il suffit juste une déclaration d’installation dans la commune et un permis de conduire BE pour la déplacer. La maison se veut entièrement autonome et écologique. Pari réussi, puisqu’il est même possible de troquer son réfrigérateur par de l’argile qui permet de maintenir au frais les produits qui ont besoin de l’être! D’autres exemples ? La plupart des modèles sont équipés de panneaux solaires et de toilettes sèches. Deux mois suffisent pour produire un tel millésime de bois, avec le goût de la liberté versée dans le premier verre de ce millésime.

La maison zéro déchet

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Attendez, vous n’avez pas encore décuvé, et vous venez de vous réveiller en pleine jungle urbaine? Au moment de jeter le forfait de vos déboires dans une évacuation prévue à cet effet, arrêtez-vous quelques instants. La cité parisienne accélère le mouvement, et a fait germer une maison qui, contrairement à vous entre deux verres en fin de soirée, ne rend pas à la nature ce qui a été ingéré. Le zéro déchet, c’est aussi possible ! La preuve, en un petit coup de pouce l’ONG Zero Waste France a fait germer une production moins gourmande qui réutilise ses produits et fait participer quelques visiteurs curieux passant par le concept store de composter ce qu’ils ont cuisiné dans la pièce d’à côté.

Lieu de rencontres et ressources sur plusieurs espaces, le modèle se veut duplicable sur d’autres territoires pour aller au-delà de la frontière parisienne. La boutique de la Maison du Zéro déchet propose de regrouper un ensemble de produits et objets sélectionnés pour passer à l’eldorado du « zéro déchet » chez soi. Chacun trouve sa solution parmi l’espace de démonstration et conseils. Les emballages consignés ont leur place dans le premier « Point Consigne » de la capitale pour ajouter un chaînon de plus dans l’écosystème urbain. Le Point Consigne donne aussi à voir et utiliser des solutions locales, notamment pour le lavage, avec Jean Bouteille. Les pratiques de compostage, cosmétique naturelle et réparation simples s’organisent au fil des formations et journées de rencontres organisées par l’ONG. Plus qu’une intégration effective des pratiques de recyclage et économie les plus simples et efficaces, l’objectif est d’atteindre un système tripartite : réduire ce qui n’est pas nécessaire, réutiliser ce qui peut l’être, recycler plutôt que d’éliminer. En somme, produire moins de déchets et mieux gérer ceux qui restent.

Cette sensibilisation au zéro déchet commence au pied du Sacré-Cœur, et en plus des nouvelles possibilités, la ville de Paris met en place un plan qui va s’intéresser jusqu’à la question des déchets de chaque bâtiment. Alors, en réponse face aux récalcitrants et attrapes-bobo, pourquoi ne pas proposer votre meilleure cuvée maison ?

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( update 22 août, 2017 )