EDF lance son plan de stockage !

Les énergies renouvelables sont bonnes pour la planète, ou du moins meilleures que les non-renouvelables. Mais elles posent un défi de taille : leur production n’est pas continue. Afin de garantir un accès constant aux énergies renouvelables, des solutions doivent être trouvées pour remédier à cet obstacle. En ligne de mire d’EDF : le stockage des énergies renouvelables électriques !

 

L’un des freins au développement massif des énergies renouvelables concerne leur stockage. L’avantage des centrales nucléaires et thermiques, réside dans le fait que la production est continue et peut être adaptée à la demande. Si la consommation augmente, les installations sont en mesure d’accroître rapidement leur production afin de combler le besoin.

Les énergies renouvelables ont jusqu’à présent servi de complément au sein du mix énergétique français, largement dominé par le nucléaire, plus adaptable. Les périodes de production de l’électricité issue des éoliennes ou des courants marins ne sont pas toujours adaptées aux besoins en temps réel des consommateurs. Or, la production nucléaire s’adapte en direct à notre consommation, ce qui représente un grand avantage pour elle. Il est donc primordial de pouvoir stocker l’électricité renouvelable pour pouvoir développer son utilisation. C’est l’objectif que s’est fixé EDF.

Les solutions de stockage existantes

Quelques façons de stocker l’énergie ont déjà été mises en place.

Les batteries

La solution la plus courante pour stocker l’électricité concerne les batteries. Plusieurs technologies existent dans ce domaine : batteries au plomb, au soufre, au lithium-ion…

  • La batterie au plomb est la plus ancienne, puisqu’elle a été créée dès 1859. Mais elle ne peut être considérée comme une solution d’avenir : elle est sensible à la chaleur, le plomb est un matériau dangereux pour la santé et l’énergie délivrée par ces batteries est assez faible (environ 35 kWh).
  • Un autre type de batterie existe : celle au sodium-soufre. Cette batterie a été créée spécifiquement pour stocker les énergies renouvelables car elle n’est  pas déplaçable, avec de bonnes capacités de stockage et un bon rendement. Si sa première génération était compliquée à installer et coûteuse, la seconde génération devrait être moins onéreuse. Mais les évolutions sont encore lentes à émerger.
  • Un troisième modèle de batterie est celui des lithium-ion. Tesla Motors commercialise la batterie domestique PowerWall. Cette batterie au lithium-ion permet de stocker de 7 à 10 kWh selon les modèles. Ces batteries peuvent fonctionner de deux façons : en étant relié au réseau ou en étant en auto-consommation.

Le principe est simple : pour les maisons reliées au réseau, la batterie se charge pendant les heures creuses où l’énergie est moins chère. Cette énergie à bas coût permet d’alimenter les foyers pendant les heures pleines.

Dans le cas d’une maison autonome, la batterie peut être assortie de panneaux photovoltaïques. L’énergie produite grâce aux panneaux permet de charger la batterie et les habitants peuvent être alimentés en continu.

Les batteries au lithium-ion disponibles sur le marché sont rares et coûteuses car le lithium est une ressource naturelle limitée. Si le développement de ces batteries continue, il ne sera pas possible de les renouveler le moment venu.

  • La révolution du stockage de l’électricité  pourrait être faite avec les batteries sodium-ion. Elles sont presque identiques aux batteries lithium-ion, au détail près qu’elles fonctionnent non au lithium, mais au sodium. Le sodium étant beaucoup plus répandu sur Terre, il coûte beaucoup moins cher ! Elles n’existent pour l’instant qu’en prototype miniature, affaire à suivre…

 

Les STEP

L’une des solutions de stockage existante est mécanique. Il s’agit des STEP (Station de Transfert d’Énergie par Pompage). Leur activité consiste à utiliser le principe des barrages hydrauliques afin de produire de l’énergie instantanément.

Chaque station est composée de deux bassins situés à deux niveaux différents, reliés par un conduit et une turbine. Ces installations produisent de l’énergie grâce à deux temps :

  • Le premier permet de produire de l’électricité en faisant passer l’eau du bassin supérieur au bassin inférieur, faisant tourner la turbine. Cela s’appelle le mode “turbine-alternateur”.
  • Le second temps consiste à pomper l’eau remplissant le bassin inférieur pour remplir le bassin supérieur. Cela s’appelle le mode “pompe-moteur”, et entraîne une consommation d’énergie, nécessaire pour transférer les volumes d’eau.

Le rendement est d’environ 80% : pour produire 1 MWh d’électricité, la remontée de l’eau nécessite en moyenne 1,25 MWh.

L’inconvénient de cette méthode est que l’électricité créée est limitée par le volume d’eau présent. Et par la suite, il est nécessaire de remplir la retenue d’eau à nouveau : cela l’empêche d’être opérationnelle rapidement après son utilisation.

Les périodes de production de l’électricité produite par les éoliennes ou les courants marins ne sont pas toujours adaptées aux besoins en temps réel des consommateurs. Or, la production nucléaire s’adapte en direct à notre consommation, ce qui représente un gros avantage pour elle. Il est donc primordial de pouvoir stocker l’électricité renouvelable pour pouvoir développer son utilisation. C’est l’objectif que s’est fixé EDF.

Le plan EDF

Voulant préparer les futures évolutions du marché de l’énergie, qui vont nécessiter de produire plus (hausse démographique, accès aux énergies dans les pays émergents…) tout en polluant moins, EDF a annoncé vouloir devenir le leader mondial du stockage des énergies renouvelables. Le groupe, qui est actuellement en capacité de stocker 5 GWh d’électricité, ne compte pas s’arrêter là. Un investissement de 8 milliards d’euros sera consacré au développement et à la recherche sur le stockage de l’électricité. Cela dans le but d’atteindre son objectif de stocker 10 GW supplémentaires d’électricité d’ici 2035.

Face aux rapides évolutions du monde de l’énergie, EDF souhaite rester un leader du domaine. Et mise donc sur les marchés de l’auto-consommation, qui devrait devenir un enjeu majeur dans les prochaines années ; et sur le stockage des énergies propres. Les engagements de la France à la COP21 prévoient de limiter les émissions de CO2 de la nation ainsi que la hausse des températures, liée au réchauffement climatique. Tout cela passe, entre autres, par les énergies renouvelables.

Différents marchés sont concernés par le plan de stockage d’EDF : 6 MWh sont prévus pour l’intermittence des énergies renouvelables; et 4 MWh de batteries seront consacrés à l’auto-consommation des entreprises et particuliers.

EDF annonce également vouloir s’imposer en Afrique, en faisant une de ses priorités d’équiper 1,2 millions d’Africains n’ayant pas accès à l’électricité en systèmes d’auto-production. Le groupe souhaite poursuivre sur sa lancée, en s’attaquant au marché ghanéen, après avoir équipé de 15 000 installations la Côte d’Ivoire.

Si nous souhaitons limiter nos émissions de gaz à effet de serre et préserver les ressources naturelles, l’accent doit être mis sur les diverses ressources naturelles inépuisables : le soleil, la chaleur des sols, l’hydraulique… Afin de pouvoir développer l’exploitation de ces ressources, il va être indispensable de trouver des solutions pour stocker l’électricité. EDF semble bien décidé à agir dans ce sens, et à se positionner, qui plus est , comme leader !

 

Crédit photographique :

EDF – Narbonne, France 2014, photographe : Marc Didier

Commentaires

0/5 sur 0 Avis

En savoir plus sur notre politique de contrôle, traitement et publication des avis : cliquez ici