Faire bouger les lignes #6: Fast fashion, fast-food… Le recylage est à la traîne!

Fast fashion, fast-food… Notre mode moderne de “fast consommation”, bien pratique à de nombreux égards, est une plaie pour l’environnement.

La pétition de Zéro Waste France contre les géants de fast food

 

Pour mettre fin à ce carnage écologique, des pétitions circulent. Zoom sur celle lancée il y a une semaine par Zero Waste France, à l’attention des géants de la restauration rapide : Burger King, KFC, Quick et bien entendu MacDonald.

Depuis le décret de Mars 2016, la législation française contraint les plus grosses entreprises à trier leurs déchets à la source avant de les confier à des services de valorisation (ou de procéder eux-mêmes à la valorisation). Cette loi concerne plus particulièrement les compagnies qui produisent plus de 1100 litres de déchets par semaine mais devrait progressivement s’étendre à l’ensemble des acteurs économiques. Verre, papiers, plastique, métal et bois doivent donc désormais être triés par les entreprises elle-mêmes.

Comme bien trop souvent, les firmes transnationales ignorent cette législation. Avant de lancer la pétition, Zero Waste France a mené l’enquête : sur 122 fast-food visités, seuls 5 avaient mis en place un système de tri des déchets. L’association veut donc dénoncer et mettre fin à l’ignorance de cette loi.

Chez McDonald’s France par exemple, le quart seulement des déchets a été recyclé en 2015, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. Ce taux contraste fortement avec la communication “verte” de l’entreprise qui vante le caractère recyclable de ses emballages. La firme produit 2,8 tonnes de déchets par minute dans le monde et près de 1kg par seconde en France.

Ces chiffres, parfaitement indécents, sont la conséquence d’un modèle du tout-jetable sur lequel se fonde toute l’industrie du fast-food. Abolir un tel fonctionnement est l’objectif de Zero Waste France. Cela représente un enjeu environnemental majeur, d’autant plus que la proportion de déchets organiques dans l’ensemble des déchets produits est énorme (près du quart chez MacDonald). L’association mène donc un combat à la fois contre la pollution et le gaspillage alimentaire et souhaite obtenir des entreprises concernées un engagement dans les 6 prochains mois.  

Recyclage et économies d’énergie

 

Cette pollution de masse peut également être chiffrée en terme d’énergie. En effet, le recyclage permet d’importantes économies d’énergie que le non-respect de la législation empêche. Prenons l’exemple de MacDonald.

Chaque jour, la firme américaine jette 86,25 tonnes de déchets non-recyclés (et pourtant recyclables). En faisant l’hypothèse que les déchets se composent à moitié de plastique et à moitié de carton, nous avons mené des calculs grâce au logiciel WISARD, développé à partir d’études menées par l’ADEME. Voici nos résultats : 


Bilan ? Si l’enseigne mettait en place le tri, en un an, elle économiserait l’équivalent de la consommation de 32 485 personnes, soit une ville comme Bagnolet, Saint-Raphaël, ou encore Roman sur Isère.

Multiplié par le nombre de firmes de restauration rapide, on comprend l’ampleur du potentiel des économies d’énergie qui se cache derrière la mise en place du tri sélectif.

Les différents moyens de traiter les déchets

 

A l’heure actuelle et en l’absence de tri, les déchets produits par les fast-food passent par les voies classiques de collecte des ordures. De manière générale, nos déchets peuvent être traités selon 6 processus :

Si le recyclage, la valorisation, le compostage et la méthanisation (uniquement pour les déchets organiques) sont les voix les plus “propres”, peu de nos déchets sont traités comme ça.

Processus le plus utilisé (dans 35% des cas):  l’incinération. Souvent décriée, cette méthode permet tout de même d’éliminer 80% de la masse des déchets tout en produisant de l’électricité à partir de la chaleur dégagée.

Dans 28% des cas, les ordures sont amenées dans des installation de Stockage des Déchets Non Dangereux. Il s’agit de la deuxième méthode la plus utilisée pour le traitement de nos déchets. Ces énormes alvéoles creusées dans le sol (de la taille d’un terrain de football et de la profondeur d’un immeuble de 3 étages) accueillent les déchets le temps de leur décomposition. Une fois la cuve pleine, elle est recouverte d’une membrane qui la ferme hermétiquement durant 30 ans. Le biogaz dégagé lors de la décomposition est récupéré pour être valorisé en électricité, et un autre jus, le lixiviat est traité en station d’épuration.

Après les acteurs publiques, c’est au tour des acteurs privés d’agir

 

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( update 23 octobre, 2017 )