17 réacteurs nucléaires à fermer, quel impact sur le paysage énergétique?

 

Le 10 juillet 2017, Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé la fermeture à venir de 17 réacteurs nucléaires pour réduire la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% d’ici à 2025. Cette annonce intervient dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, datée de 2015 et initiée par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal. Le parcours vers une diminution de l’énergie nucléaire est semé d’embûches, de discussions houleuses avec les lobbys de l’énergie nucléaire. Nicolas Hulot est le premier à annoncer un chiffre, à indiquer un objectif chiffré et donc à prendre le risque de froisser les pro-nucléaires. Sur 58 réacteurs nucléaires, l’arrêt de 17 d’entre eux est prévu en moins de 10 ans, soit près de 30% du parc nucléaire français. Les plus sceptiques et les pro-nucléaires annoncent qu’une pénurie d’énergie est à prévoir et que les énergies renouvelables et vertes ne pourront combler la demande et répondre à la consommation d’énergie sur le territoire.

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Une annonce qui fait grincer des dents?

A l’occasion de cette annonce, il est important de faire un point sur le paysage énergétique français et de voir comment la transition énergétique peut se faire en réduisant la part de l’énergie nucléaire sur le territoire français. Le parc électrique français est depuis les Trente Glorieuses concentré sur une production nucléaire (+/- 70% de l’électricité en est issue), résultat des plans d’investissement et de développement de l’énergie des années 1970. Cette puissance du nucléaire pousse certains lobbys à monter au créneau et à défendre becs et ongles les bienfaits de l’énergie nucléaire. Les enjeux d’EDF sont également extrêmement importants et chacun veut défendre un morceau de son territoire, pour perdre le moins de parts de marché possible.

A l’heure de la transition énergétique, cette prédominance n’est plus possible. La domination du nucléaire et les questions environnementales qu’elle soulève amène à repenser la répartition de la production d’énergie. La loi de transition énergétique aspire à une production plus verte et qui s’éloigne d’un parc nucléaire vieillissant. Pour répondre à la demande, tout en s’éloignant d’une production polluante, aux déchets toujours plus nombreux à enfouir car la destruction est toujours une question en suspens, le parc énergétique se diversifie. Depuis plusieurs années, la part des énergies renouvelables est croissante. C’est un mouvement encore trop timide pour assurer la relève mais les huit années à venir sont l’occasion de booster les énergies vertes et alternatives. Éoliennes, éoliennes en mer, solaire, géothermie… les alternatives se développent et se mettent en place, par les acteurs historiques de la production d’électricité également. Le paysage se verdit et avec cette annonce, il va falloir donner un vrai coup d’accélérateur. Pour les pros comme les partisans du nucléaire, la question de la compensation se pose. Comment la France va pouvoir compenser la perte de production? Va t-elle devoir acheter de l’électricité à l’Allemagne? Quel va être l’impact sur le coût pour les particuliers? La question financière est l’ombre au tableau vert d’une transition qui se met en place. Cela se fait certes dans un délai très court mais cela a le mérite d’avancer et de laisser derrière des réacteurs vieillissants, dont les questionnements sur la sécurité de leur fonctionnement laissent des points noirs au tableau derrière la fumée blanche de leurs cheminées.

Pour le moment, même si la transition ne sera pas aussi facile qu’un changement du nom sur un contrat EDF, il est urgent d’accroître la part de la production hydraulique (+/- 12%), celle de l’éolien (+/- 6%) et plus globalement celle liée aux énergies renouvelables. Si chacune de ces productions d’électricité pose également des questions (impact sur la faune et la flore, déviation de cours d’eau…), il n’en est pas moins urgent de réfléchir à leur déploiement.

La citoyenneté énergétique, un parcours nécessaire contre le nucléaire

Nicolas Hulot, avant de rejoindre le gouvernement , annonçait à propos de la loi sur la transition énergétique “C’est un beau moment d’espoir pour la France, un projet qui permet de se mettre en disposition pour entrer dans l’économie de demain”. Pour entrer dans cette nouvelle économie, il est temps de laisser l’ancien temps et les anciennes manières de produire de l’électricité derrière soi. La France a pris des engagements pour mener à bien la transition énergétique: éolien, hydraulique, bio-carburants sont en plein développement. C’est une démarche encore assez lente mais c’est un discours tel que celui de Nicolas Hulot qui peut faire bouger doucement les éléments pour choisir à quelle vitesse la France veut se verdir. Pour aller vers une production où le renouvelable a toute sa place, l’éducation aux énergies vertes est la première étape. Un citoyen conscient des étapes de la transition énergétique est le premier vecteur de développement de la croissance verte, de la prise de conscience de l’importance des énergies renouvelables pour des lendemains sans déchets nucléaires.  

 

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