Les GAFAM, géants de la transition énergétique ?

Résumé: Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté, par le biais de nos smartphones, ordinateurs ou tablettes nous passons en moyenne 18 heures par semaine sur internet. Soit environ 11 % de notre vie, en comptabilisant notre sommeil bien sûr  !
Derrière nos sites préférés se cachent des géants d’internet et de l’économie mondiale. Il s’agit des GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.
S’ils occupent désormais une place particulière dans l’économie, est-ce pour autant possible de les intégrer dans le grand débat mondial, celui de la transition énergétique ?
Quelle est aujourd’hui la place des GAFAM dans la transition énergétique ?

Transition numérique et énergétique, est-il possible des les associer ?

Avant d’évoquer la position des GAFAM dans la transition énergétique, il est important de se demander, s’il est déjà possible d’associer transition énergétique et transition numérique  ? La transition énergétique consiste à changer nos consommations d’énergies, pour en choisir de nouvelles plus responsables et moins polluantes. Tandis que la transition numérique a pour but de faire évoluer nos appareils numériques, de façon à les rendre toujours plus performants. En somme deux objectifs éloignés.
De plus, les émissions de gaz à effet de serre lié au marché du numérique n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. En 2013 on les estime à 2,5 %, tant dis qu’en 2018 elles dépassent les 3,7 %. Le secteur du numérique s’avère également être très friand en électricité, sa consommation augmentant chaque année. En 2018 elle représentait 9% de la consommation mondiale d’électricité.
La transition numérique pose aussi un autre problème, celui des ressources. Elle puise directement dans des ressources clés dans les domaines de la transition énergétique : l’électricité et les métaux rares.
Les métaux rares sont des ressources qui sont 3 à 4000 fois plus difficile à produire que les métaux courants. En plus d’être rares, ils sont nécessaires aux deux types de transition. Par exemple, le cobalt est un métal rare qui est principalement extrait en Afrique du Sud, sa demande explose en ce moment. Problème : il est nécessaire dans la production des téléphones et des voitures électriques ! Qui est alors prioritaire ?

Si la transition numérique semble donc affronter directement la transition énergétique, les GAFAM ont néanmoins réussi à trouver des solutions pour pouvoir associer les deux. Mais avant de découvrir les actions mises en place, découvrons les GAFAM en quelques chiffres clés !

Les GAFAM en chiffres

Aujourd’hui les GAFAM c’est quoi ? Ce sont des chiffres à faire tourner la tête ! À eux seuls, ils regroupent les 5 entreprises mondiales les plus puissantes : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

  1. un capital boursier dépassant les 3.000 milliards de dollars.
  2. une trésorerie directe de plus de 546 milliards de dollars, plus que le PIB de la Suède.
  3. 680 000 salariés dans le monde entier.
  4. un investissement de 2,5 milliards de dollars dans les énergies renouvelables pour Google.

Si ces géants dominent invraisemblablement l’univers du numérique et plus précisément Internet, ils se font aussi une place de choix dans la transition énergétique, représentant des piliers importants de ce domaine. De plus, ils possèdent des moyens exceptionnels. Ils maîtrisent parfaitement les données, ils ont une capacité à développer des modèles pour de nouveaux marchés et bien-sûr ils sont agiles, toujours prêts à réagir et à s’adapter  ! Ces qualités leur ont donc permis de s’imposer comme de véritables acteurs de la transition énergétique mondiale.

Les GAFAM, acteurs directs de la transition énergétique

Les GAFAM sont tous membres du groupe RE100, qui regroupe toutes les entreprises s’engageant à consommer uniquement des énergies renouvelables. Initiative portée par The Climate Group.
En 2017, d’après une étude menée par Bloomberg New Energy Finance, les GAFAM ont été les acheteurs et utilisateurs les plus importants au monde d’énergies renouvelables.

Individuellement, les GAFAM mettent également en place des actions toujours dans le but de s’inscrire dans la transition énergétique.

Facebook et Microsoft, font partis du fonds d’investissement Microgrid Investment Accelerator, qui effectue des recherches dans le secteur des microgrids, avec comme objectif mobiliser 50 millions de dollars d’ici 2030.

Les microgrids, sont donc des micro-réseaux d’approvisionnement d’énergies renouvelables adaptés à des secteurs qui subissent un manque important d’énergie. Notamment en Afrique et en Inde.

En parallèle de ce projet, Facebook et Microsoft font également partis de la REBA, Renevable Energy Buyers Alliance. Le but de cette association, sécuriser les contrats d’achats d’électricité avec des fournisseurs d’énergies dites renouvelables. Cela permet donc de réduire la dépendance à des fournisseurs d’énergies classiques. Facebook et Microsoft sont aussi chacun partenaire de fermes éoliennes, dans l’Iowa pour Facebook et au Texas pour Microsoft.

En plus de cela, Microsoft assure sa consommation en énergie renouvelable, grâce à d’importants contrats d’achats et également au panneau solaire d’une capacité de 480 kilowatts qui est installé sur le toit de son campus dans la Silicon Valley aux États-Unis.

Apple, est lui aussi présent dans la transition énergétique. Depuis mars 2018, la société assure que toutes ses installations fonctionnent grâce aux énergies renouvelables. Notamment ses centres au Danemark et en Irlande qui fonctionnent avec 100 % d’énergies renouvelables.

Mais l’un des leaders des GAFAM dans la transition énergétique, est certainement le puissant moteur de recherche, Google. L’entreprise a su mettre en place de nombreuses actions pour assurer sa neutralité en carbone et sa consommation d’électricité grâce aux énergies renouvelables. Par exemple, avec Google Energy qui a été créé dans le but de diminuer les coûts de consommation d’électricité, en assurant la production d’énergie verte. Avec Google Energy, le groupe achète donc de l’énergie verte, consomme ce qu’il a besoin et revend le reste. Le groupe annonçait d’ailleurs en janvier 2019, l’achat d’un nouveau parc solaire en Asie, au Sud de Taïwan. Google a profité des nouvelles lois taïwanaises, facilitant  l’achat d’énergies renouvelables pour les entreprises. La société américaine est alors la première à bénéficier des assouplissements du plan taïwanais Electricity Act.

On peut donc facilement constater la place importante qu’occupe les GAFAM dans la transition énergétique. Néanmoins l’association de transition numérique et énergétique reste compliquée, car si les GAFAM font leur nécessaire pour limiter leur empreinte écologique, il est impossible de la réduire à 100 %. La consommation en électricité des datacenters étaient de 2 % en 2012, on estime qu’elle passera à 13 % d’ici 2030. Malgré leur “bonne volonté”, les GAFAM, sont également parfois obligés d’utiliser des énergies polluantes, lorsque les conditions climatiques ne permettent pas d’assurer la totalité de leurs besoins en énergie.
De plus la motivation pour la transition énergétique des GAFAM est-elle vraiment environnementale ou seulement pour se donner bonne image et réaliser d’importantes économies  ?