Grand Paris de l’Énergie #3: Topager, un projet qui donne des couleurs à Paris

L’hiver arrive déjà mais Paris garde ses couleurs notamment grâce aux toits végétalisés. Jardins, potagers et vergers se préparent à hiberner avant de repartir de plus bel au printemps. C’est avec Topager, entreprise du Paysage Urbain Comestible et Sauvage, que nous partons à la découverte de ces nouveaux modes de productions de fleurs, fruits, légumes et herbes aromatiques en pleine ville et dans la plus grande métropole de France: Paris. 

 

Topager permet à chacun de redécouvrir la nature en ville, de récolter des légumes. Le phénomène de l’agriculture urbaine  prend de l’ampleur, se développe grâce à des initiatives innovantes et à des équipes prêtes à relever le défi d’une ville verte. Avant d’affronter le froid de l’hiver, la nature a encore beaucoup à nous apprendre et peut prouver qu’elle est la meilleure alliée du développement des villes de demain. Le temps d’un échange, Topager nous a expliqué comment la ville peut inspirer la nature et inversement, pour une nouvelle manière de se révéler à chacun des citoyens. De la conception à la réalisation des projets, Topager végétalise la ville et plus particulièrement les toits de Paris. La nature reprend ses droits et vient verdir le quotidien des citadins pour produire local, sans pesticides et en réfléchissant aux économies d’énergie que propose ce mode de production.

Le potentiel de l’agriculture urbaine à Paris

– 3 300 hectares privés non bâtis à Paris
– 30% de la surface de Paris est,bâtie: fort potentiel pour l’utilisation des toits
↪ soit 80 hectares de toitures disponibles pour une éventuelle végétalisation
– Seulement 5,8 m2 d’espaces verts, par habitant (vs. 45 m2 par habitant à Londres) 

Partons à la découverte  des projets inspirants et innovants de Topager, premier sur le marché de l’agriculture urbaine.

Au commencement, Topager c’est un projet qui peut paraître “fou”, loin des sentiers battus, où la nature revient en ville et s’installe sur les toits. Nicolas et Frédéric, les deux fondateurs de Topager ont commencé par investir les toits de l’AgroParisTech dans le cadre de recherches sur l’agriculture urbaine et sur la biodiversité des bâtiments végétalisés. D’une simple expérimentation (débutée en 2012) est né en 2013 un véritable projet d’agriculture urbaine.

Grâce à cette première tentative, Topager lance son projet, les citoyens sont prêts et intéressés pour accueillir à nouveau la nature au cœur de la ville. L’originalité du projet n’a pas rebuté les différents interlocuteurs avec lesquels Topager a dû échanger pour amorcer la mise en place des premiers projets. Si certains ont pu être légèrement frileux au début, la pédagogie de l’équipe Topager a permis de convaincre les quelques réticents.

Lucie de Topager nous précise  “Les gens étaient prêts pour découvrir nos projets, l’époque nous est favorable. L’agriculture urbaine est valorisée”. Grâce à leurs connaissances en agriculture urbaine et en gestion de projet, Topager permet la mise en place de jardins, vergers et/ou potagers adaptés à chacun des toits utilisés. Avant la mise en place d’un espace végétalisé, Topager s’assure de l’étanchéité du toit et adapte son projet au poids que le toit peut supporter. Aujourd’hui Topager répond à de nombreux appels d’offres, les demandes affluent, la végétalisation prend de l’ampleur et c’est de vert que Paris se teinte depuis les derniers mois.

Où découvrir les projets Topager?

L’un des derniers projets est celui de la réhabilitation des toits de l’Hôtel Pullman. Avec une partie précédemment végétalisée, Topager a été confronté à deux défis, celui de la rénovation du bâtiment pour rendre toute son étanchéité au toit et développer un projet “comestible”.

Hôtel Pullman Tour Eiffel

L’Opéra Bastille a été sélectionné dans le cadre de l’appel à projets Parisculteurs pour une végétalisation de ses toits et Topager a remporté le projet haut-la-main en 2016. Topager a imaginé un projet pour aménager quatre terrasses de l’opéra Bastille avec une ferme maraîchère de fruits, légumes et fleurs comestibles. L’installation d’une brasserie est également envisagée, afin de fabriquer une bière directement sur site. La production annuelle attendue est de 5580 kg de petits fruits, de jeunes pousses et de légumes.

Plan des toits de l’Opéra Bastille / Opération Brize de la Bastille par Topager

Topager, le local est au coeur des projets – Moins d’énergie pour des projets verts

Un Paris plus vert certes, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas en marchant sur les plate-bandes de l’écologie ou en gaspillant des ressources et de l’énergie.

Pour la mise en place des différents projets, Topager fait appel à des fournisseurs locaux, à moins de 150 km de Paris pour la plupart et sur le sol français pour la totalité.

En accord avec les valeurs défendues, Topager limite la dépense d’énergie, et pour cela elle ne fait pas venir de loin, très loin des bois exotiques ou des plants à bas prix. Moins d’énergie pour acheminer les produits, c’est l’avenir de productions locales avec moins de pollution et donc moins de gaz à effet de serre produit pour chaque kilo de fruits ou légumes récolté.

Le bois

Le pin Douglas et le bois Mélèze viennent d’Île-de-France et de Sologne. Topager mise sur une qualité haut-de-gamme pour une meilleure conservation sur les lieux de culture et une meilleure résistance aux intempéries. Le bois n’est pas traité de manière chimique mais avec de l’huile de lin naturelle, en adéquation avec la manière de cultiver, sans pesticides.

Pour les cultures

Les plants sont également originaires d’Île-de-France et de Sologne. La terre utilisée est un substrat léger à base de pouzzolane, venue du Puy-de-Dôme.

Du bio sur les toits de Paris?

Il n’est pas possible de parler de culture bio (critères très précis à remplir pour avoir le label) car les plantations ne sont pas en pleine terre mais on se rapproche vraiment des modes de production bio.  La culture des comestibles n’est traitée avec aucun produit chimique. Les cultures sont certifiées naturelles et si maladie il y a pour tel ou tel plant, alors des traitements naturels sont utilisés (purin d’ortie, savon noir…).

Avec une production naturelle, Topager joue le jeu de la nature. Les plantes poussent au rythme des saisons et grâce à un bon entretien. Pas question de mettre sous des serres chauffées les produits en plein hiver comme certaines productions intensives. L’utilisation d’énergie est là aussi limitée comme cela se passe quand la nature reprend ses droits. Pas de lampes pour compenser un déficit de lumière, pas d’arrosage intensif, pas de dépenses d’énergie inutiles mais des équipes formées pour prendre soin des plantes.

Crédits photo: Topager

 

Topager en quelques chiffres
– Une équipe de 17 personnes
– Plus de 40 projets réalisés en Île-de-France
– Une vingtaine de sites entretenus par les équipes
– Une centaine de projets conçus dans toute la France

 

Que deviennent les récoltes des plantations Topager?

Comme dans tout le processus de végétalisation, pour la récolte le kilomètre zéro est favorisé. Selon les projets, Topager distribue les récoltes de diverses manières:

-Les toits de l’hôtel Pullman (Paris XVème): les cuisiniers du restaurant viennent directement chercher dans les jardins ce dont ils ont besoin

-Projet de CultiCime : avec l’association Espaces, les légumes sont distribués sous forme de paniers à une entreprise partenaire

Pour ne pas avoir à transporter les récoltes et limiter le coût énergétique de la production, des projets de revente de légumes sous forme de paniers aux entreprises proches des toits végétalisés sont expérimentés. Les récoltes sont également revendues aux clients qui ont souhaité avoir des projets de végétalisation sur leurs toits mais n’ont pas de restaurant ou de cantine où cette récolte pourrait être transformée.

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