Le label E+C- pour des bâtiments à énergie positive

Le label E+C- (aussi appelé label énergie carbone) a été lancé en novembre 2016. Il concerne le domaine de l’énergie thermique, et signifie « énergie plus, carbone moins”. Comme son nom l’indique, sa visée est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’expérimentation du label est pilotée par le Conseil Supérieur de la Construction et de l’Efficacité Énergétique (CSCEE).

Le domaine du bâtiment représente 40% de l’énergie consommée en Europe, et un peu plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre lui sont également imputables. L’industrie et les transports cumulés ne consomment pas autant ! Pour changer cet état de fait, un label a été mis en place. Il est pour l’instant facultatif, mais cette nouvelle norme devrait être obligatoire en 2020.

Le label E+C-

Lors de cette phase de test, l’objectif est d’encourager les acteurs du bâtiment à construire des infrastructures plus performantes énergétiquement que ne le prévoient les réglementations en cours (qui devraient être modifiées en 2020). Les informations collectées grâce aux retours et évaluations énergétiques serviront à déterminer la faisabilité de la future politique énergétique, et d’en affiner les critères.

Le saviez-vous ?

L’objectif premier est de construire des bâtiments à énergie positive et émettant très peu de gaz à effet de serre durant leur cycle de vie.

Les expériences réalisées dans le cadre du label E+C- serviront de test pour préparer les futurs règles de construction mises en place en 2020. Ce test servira en outre à impliquer les parties prenantes dans la démarche, et leur montrer que les objectifs sont atteignables.

Pour sa phase d’expérimentation, le label est basé sur le volontariat. Aucune obligation ! Les professionnels du bâtiment, qui le souhaitent, peuvent participer en suivant les principes du label et demander à faire évaluer leur production. Cela servira de base pour déterminer la faisabilité technique des principes du label, ainsi que le coût réel de la mise en place de ses objectifs.

Les bâtiments concernés sont ceux en cours de construction, ou qui ont été construits récemment ; présents dans une métropole et qui suivent les conditions de la Réglementation Thermique (RT2012).

Le saviez-vous ?

La RT2012 a été mise en place à l’issu du Grenelle de l’Environnement de 2012 et fixe la consommation primaire d’énergie des bâtiment à un maximum de 50 kWhEP par m² et par an.

Les critères E et C

Le label s’appuie sur deux pôles pour évaluer les bâtiments : le calcul de leur performance énergétique, ainsi  que le calcul de leur empreinte environnementale. Et cela sur tout leur cycle de vie.

La performance Énergie (E+) d’un bâtiment est classée en quatre niveaux :

> Les niveaux Énergie 1 et 2 sont caractérisés par une amélioration de la performance énergétique des bâtiments, rendue possible grâce à des mesures d’efficacité et de sobriété ; avec un possible recours aux énergies renouvelables (EnR), notamment pour la chaleur.

> Le niveau Énergie 3 présente une utilisation importante des énergies renouvelables, ainsi que des mesures d’efficacité et de sobriété énergétique.

> Le niveau Énergie 4 signifie qu’un bâtiment est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il est producteur, autosuffisant en énergie et répond aux normes en cours sur la consommation d’énergie.

Pour ce qui est de la partie Carbone (C-), il existe deux niveaux :

> Le niveau Carbone 1 peut être atteint par tous les bâtiments, car il concerne toutes les énergies. Il consiste à encourager les acteurs de la construction des bâtiments à calculer l’impact des bâtiments qu’ils conçoivent et leur faire porter une attention au matériaux et équipements choisi dans la construction des bâtiments.

> Le niveau Carbone 2 nécessite une sélection soignée des matériaux de construction, des équipements des bâtiments et de la consommation d’énergie. Le niveau d’émission de CO2 doit être réduit.

La future réglementation

Faisant suite à la RT2012, la RT2020 sera obligatoire dans la construction des bâtiments dès la fin de l’année 2020. Cela impliquera non seulement une limitation de la consommation d’énergie et du gaz à effet de serre mais aussi la neutralité énergétique des bâtiments. En effet, cette réglementation rendra obligatoire la construction de bâtiments non seulement passifs (qui produisent autant qu’ils consomment), mais aussi positifs (qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment) !

Pour cela, la production d’énergies renouvelables sera généralisée, et l’autoconsommation encouragée. Cela peut se faire grâce à des panneaux solaires thermiques, des poêles à bois, des puits canadiens (qui permettent de réguler la température d’une habitation en faisant circuler de l’air sous terre), des ballons thermodynamiques (qui permettent de chauffer l’eau du ballon grâce aux calories présentes dans l’air)…

La mise en place de ces mesures est plus coûteuse que la construction traditionnelle, mais les économies réalisées grâce à elles devraient compenser le surcoût. Et cela assure une plus-value à la revente !

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