Les chats, moteurs d’Internet et solutions aux déperditions d’énergie ?

chaatOn aura tout vu. Non contents de régner en maîtres sur Internet, voilà que les chats peuvent aussi nous apprendre à économiser de l’énergie. Il est vrai qu’à raison de 14h de sommeil en moyenne par jour, ils en connaissent un rayon en dépenses d’énergie… Il ne s’agit pas de nous apprendre à se rouler en boule, mais d’un nouveau jeu vidéo, EnergyCat, un serious game version Sims avec un chaton pour protagoniste, avec pour objectif d’apprendre aux joueurs à mieux maîtriser leur consommation d’énergie.

“EnergyCat: The House of Tomorrow” : le pari de l’apprentissage par le jeu vidéo

Ce ne serait pas le premier jeu vidéo ludo-éducatif visant à modifier les comportements (Adibou, Cahier de Vacances pour Adultes, La Culture Générale pour les Nuls, etc) en utilisant des codes du jeu vidéo classique et de l’Internet ancrés dans la culture populaire (interface similaire à celle des Sims, chats, missions, épreuves, passage d’un niveau à l’autre conditionné par la réussite des objectifs). Mais la thématique de la gestion de la consommation énergétique, c’est du jamais vu. Et c’est pour cela que ça va marcher. C’est du moins ce que pense un groupe de chercheurs de l’Université polytechnique de Catalogne, à la tête d’un projet qui enseigne aux familles à vivre d’une manière plus respectueuse de l’environnement.

C’est cette même équipe qui avait lancé en février 2015 le projet EnerGAware, avec pour objectif d’apprendre aux occupants des logements sociaux à économiser de l’énergie chez eux. Devenu célèbre, le jeu vidéo de simulation de vie EnerGAware permet aux joueurs de progresser uniquement s’ils remplissent les missions d’efficacité énergétique qui leur sont assignées.

EnergyCat : les SIMs version énergétique ?

Un des aspects les plus malins du jeu consiste à pouvoir personnaliser la maison au fur et à mesure qu’on économise de l’énergie. Une façon intelligente de prouver qu’en réduisant ses factures d’énergie, on peut mettre son argent ailleurs : le chat achète du mobilier, de la déco, etc. Il visite les maisons voisines, échange ses bons plans économies d’énergie avec ses voisins. Les joueurs peuvent aussi rivaliser avec les autres participants du quartier et partager (ou non) leurs résultats sur les réseaux sociaux.

Pour être viable, le jeu devait passer par le stade expérimental. C’est la ville de Plymouth (Royaume-Uni) qui a eu l’honneur de procéder au crash test : près de 550 personnes ont répondu à un questionnaire sur leur consommation d’énergie. Parmi elles, 237 se sont portées volontaires et 100 ont été choisies pour recevoir une tablette où l’application est pré installée et le jeu prêt à démarrer. La consommation d’énergie est mesurée de la même manière chez les joueurs et chez les autres participants afin d’établir si le jeu aboutit ou non à des économies réelles. Réalité virtuelle oblige, les foyers participants ont également été amenés à donner leur avis sur des détails graphiques tels que l’apparence des habitations dans le jeu.

La mission du chaton ne s’arrête pas : il corrige ce que la famille pourrait faire mieux en matière de consommation d’énergie. L’application pose également des défis spécifiques aux périodes de l’année, comme de réduire leur utilisation d’électricité à Noël, en décorant leur sapin de boules à LEDs ou basse consommation. Le chat souligne les pertes d’énergie, comme laisser une lampe allumée, qui devient rouge.

L’idée était d’étudier les effets”avant / après” sur les comportements des participants, d’abord en analysant les coûts énergétiques des foyers joueurs les années précédant l’expérience. Les résultats regroupés et analysés parlent d’eux-mêmes : la consommation d’énergie s’est réduite de 7% les trois premiers mois», révèle Miquel Casals, qui coordonne la recherche. 7%, soit l’équivalent de la part de consommation des plaques de cuisson dans un foyer… sur une année.

La pédagogie vidéoludique : joindre l’utile à l’agréable à l’imagination

Ne dit-on pas qu’il faut apprendre en s’amusant ? C’est bien connu : l’efficacité de la pédagogie vidéoludique n’est plus à prouver. Cela ne signifie pas qu Assassin’s Creed peut suffire comme révisions du bac d’histoire, ou que GTA permet d’apprendre l’anglais, mais il est indéniable qu’en combinant à la fois des aspects sérieux (d’où l’appellation “serious game”) comme l’enseignement, l’apprentissage, la communication, ou encore l’information, avec des ressorts ludiques issus du jeu vidéo, on se dirige vers un objet d’étude légitime en sciences de l’éducation.

L’objectif du jeu tend à montrer qu’avec des gestes et des habitudes, on peut réduire sensiblement sa consommation d’énergie : le chat récompense des actions aussi simples qu’éteindre la lumière, il conseille les joueurs sur le choix de l’électroménager, comme le choix d’un four peu énergivore. Faire de la performance énergétique un objet de jeu vidéo, il fallait y penser. D’ailleur on y a pensé. “On”, c’est Energic, une solution digitale de coaching énergétique pour les entreprises, il s’agit d’un jeu pour sensibiliser aux économies d’énergies, qui permet à divers acteurs de réaliser de 10 à 30% d’économie d’énergie. Il permet de suivre en temps réel les dépenses du bâtiment et de challenger d’autres équipes.

Les économies d’énergie, nouveau challenge des gamers ? L’avenir (et la planète) nous le dira.

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( update 15 janvier, 2018 )