Le film Home a-t-il servi à quelque chose ?

Home

Home est un film de Yann Arthus-Bertrand sorti en 2009. C’est le succès de La Terre vue du ciel qui a poussé le célèbre photographe à réaliser ce film. Il se présente comme une succession de points de vue aériennes invitant le spectateur à prendre du recul et admirer la beauté de la planète, mais aussi à observer les atteintes qui lui sont faites. Le film a par ailleurs été compensé carbone.

500 000 photos 
prises dans 100 pays

3 millions de livres
vendus à travers le monde
4 documentaires
vus par 5 millions de personnes

La diffusion en chiffres

L’objectif du film était d’être universel, il a donc été diffusé le plus largement possible. Il est disponible gratuitement sur internent en français, en anglais, en espagnol, en allemand et en arabe. Yann Arthus Bertrand a déclaré sur France 2 « il n’y a pas de droits, n’y a pas de copyright, montrez-le à un maximum de gens ». C’est le premier film à être sorti le même jour dans 134 pays et sur tous les médias.

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Les critiques du film

Le film a été diffusé pour la première fois le 5 juin 2009 pour la Journée mondiale de l’environnement. Or cette date tombait deux jours avant les élections européennes, lors desquelles les listes Europe Ecologie ont fait un score historique de 16,2%, qu’elles n’ont jamais refait depuis. De nombreux responsables politiques ont observé voire critiqué cet état de fait, comme Marine Le Pen. Cependant, selon Yann Arthus Bertrand, la date de diffusion était prévue avant celle des élections. Il a cependant reconnu les effets possibles de la diffusion du film sur le scrutin : “Qu’on ait favorisé la donne, certainement. […] Cela veut dire que les gens se passionnent pour l’environnement et s’ils se passionnent ils vont voter pour des partis qui s’occupent d’environnement. Que tous les partis s’y mettent un peu plus et ils auront plus de voix”.

Une autre critique est faite à l’impact possible du film. En effet, la beauté même du film diminue l’effet que pourraient avec les images de la destruction de l’environnement, ce qui est pourtant recherché par ce film. Le risque étant que le spectateur soit plus fasciné par le film que choqué par ce qu’il y voit. Par ailleurs, si le film présente les ravages de l’activité humaine, il n’offre que peu de solutions à part la présentation de quelques raisons d’espoir par la voix off à la fin.

Les héritiers de Home

Huit ans après la diffusion du film, il reste difficile d’étudier concrètement les effets qu’aurait pu avoir le film, au-delà des résultats aux élections. Face au succès du film, Yann Arthus-Bertrand a annoncé prévoir un deuxième opus.

Cependant, il faut étudier l’effet de Home en tant que partie d’une tendance de fond et pas seulement quantifier l’effet d’un film seul. En effet, les films écologiques ont une influence notable sur leur audience.  Ils contribuent à la prise de conscience générale de la nécessité de préserver l’environnement. Ainsi, le nombre de films sur le sujet a augmenté ses dernières années.

  • Océans (2010)

Dans ce film, 90 espèces marines sont filmées pour alerter sur la pollution des mers et la pêche abusive. Mais l’objectif est aussi de montrer ces créatures dans leur habitat et leur beauté, grâce à des moyens techniques encore jamais utilisés. Un film qui résonne comme un héritage du Monde du Silence de Jacques-Yves Cousteau.

  • Promised Land (2012)

Matt Damon joue un employé d’une grande compagnie d’énergie dont la mission est de convaincre les fermiers de laisser forer leurs terres à la recherche de gaz de schiste en échange d’une compensation financière. Cependant, le forage laisse les terres inexploitables. Un film engagé sur la question de l’exploitation du gaz de schiste.

  • Il était une forêt (2012)

Le film est conté par Francis Hallé, botaniste spécialisé dans les forêts tropicales. Il nous fait voyager à travers les dernières grandes forêts primaires des tropiques. Le but n’était pas de faire un film sur la déforestation mais « un film sensuel : ce qu’on voit et ce qu’on ressent » selon Francis Hallé lui-même. Au lieu d’être moralisateur, le film sensibilise plutôt le spectateur à la nécessité de protéger l’environnement en lui montrant sa beauté.

  • La Glace et le ciel (2015)

Le film le plus récent de la liste est un portrait du glaciologue Claude Lorius, qui a passé une année à étudier des bulles d’air prélevées dans la glace en Antarctique en 1956 et qui a étudié toute sa vie l’impact des activités de l’homme sur le climat. Des images magnifiques au service de l’éveil des consciences peu avant la COP 21.

Après Home

Malgré les modes écolos, les films, les engagements des stars, force est de constater que la protection de l’environnement n’est pas encore une préoccupation suffisamment importante pour certains. Des prises de positions comme celle de Donald Trump qui a choisi de retirer les Etats-Unis de la COP21 ne font que ralentir un processus déjà trop lent. A partir du 2 août, nous vivrons désormais à crédit sur notre planète, c’est-à-dire que nous aurons consommé plus de ressources que ce que la Terre peut renouveler en un an.

Alors lorsque vous réaliserez votre simulation edf, pensez à y inclure les futures économies d’énergie qui deviennent nécessaires.

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( update 16 janvier, 2018 )