Focus sur la méthanisation

La méthanisation est une forme d’énergie renouvelable (EnR) peu connue mais pourtant en plein développement en France. La société Vol-V que nous avons rencontrée finance, développe et exploite des centrales de ce type, et nous avons donc eu l’occasion d’en savoir plus sur cette EnR. En Seine-Maritime, on trouve seulement 2 unités de fabrication de biogaz (à Fresnoy-Folny et à Cléville), un chiffre nettement inférieur à ceux des autres départements de Normandie.

 

  • La méthanisation en France 

514 installations sont opérationnelles en France, et il devrait y en avoir 1700 d’ici 2023. Elles permettent de produire chaque année 880 GWh d’électricité, mobilisent 430 entreprises et plus de 1700 salariés.

Cependant, il s’agit d’une énergie renouvelable qui suscite beaucoup d’inquiétudes : les citoyens craignent souvent des risques sanitaires pourtant peu présents ainsi que des nuisances visuelles, sonores et olfactives, des nuées de mouches, des vas-et-viens de camions etc.

La méthanisation présente un double intérêt : valoriser les déchets pour produire du gaz propre et répondre aux besoins énergétiques des territoires. Elle peut se faire à partir de 4 types de déchet : les déchets agricoles, agro industriels, ménagers ou les boues issues des unités de traitements des eaux usées. Nous nous attarderons sur la méthanisation agricole, un modèle qui nous a été expliqué par les collaborateur de la société Vol-V. Bien que réparties sur l’ensemble du pays, les unités de méthanisation fonctionnant avec des résiduels agricoles se développent de façon plus importante dans quelques régions, notamment la Normandie et la Bretagne.

 

  • Principe de la méthanisation 

Pour nous résumer le fonctionnement de la méthanisation, le spécialiste nous déclare simplement : “la méthanisation, c’est reproduire le mécanisme du pet à échelle industrielle”. Une belle image, mais on a souhaité entrer un peu plus dans les détails…  Ce processus utilise donc des matières premières provenant des élevages (fumier et lisier) et de l’industrie agroalimentaire (boue résiduelle riche en graisse). Toutes les matières sont répertoriées et pesées afin d’en connaître exactement l’origine et les caractéristiques.

 

Dans un bâtiment en dépression – c’est à dire sans air afin de ne dégager aucune odeurles matières organiques sont déversées dans une fosse dite “tampon” où elles sont brassées en permanence. Cette fosse doit être étanche pour limiter l’entrée d’autres composants qui pourraient nuire à la réaction chimique. A cette étape, la matière est broyée au maximum. Elle est ensuite transférée dans un digesteur, où est ajoutée de la graisse agro-alimentaire (qui compose le mélange à 10% environ)

Une unité de méthanisation

Dans ce digesteur, ce mélange est chauffé à 39 degrés pendant 30 jours. Au fur et à mesure la matière se dégrade sous l’effet de bactéries naturellement présentes dans la matière. L’environnement du digesteur est favorable à la multiplication de ces bactéries, et peu à peu la matière se transforme en biogaz (un gaz contenant du méthane, du gaz carbonique, de l’eau et du soufre). Un post-digesteur sert à terminer et optimiser la fabrication de gaz. A ce stade, la matière restante est appelée digestat. Ce résidu est ensuite amené dans un séparateur de phase dont le but est de le presser pour en extraire l’eau. La partie liquide, désormais inodore et concentrée en azote, sera épandue sur les terres agricoles, tandis que la partie solide sera utilisée pour la fabrication de compost.

Le biogaz doit encore être traité pour en extraire le méthane. Pour cela, 3 phases : le passage dans un filtre à charbon, le séchage, et enfin un piège à CO2. A l’issue de cette étape, du méthane quasiment pur est obtenu : il peut désormais être introduit dans les réseaux de gaz.

Redactor

Ecrit par maximeo

Mis à jour le 7 Avr, 2021

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