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La Tour Eiffel au dessus de nos têtes !

En Avril 2017, les principaux acteurs du monde de l’aérospatial se sont réunis à Darmstadt, en Allemagne, pour la 7ème Conférence sur les débris spatiaux. L’objectif : faire le bilan de 60 ans de conquête spatiale et trouver des solutions pour lutter contre la pollution de l’espace, conséquence grave des actions de l’homme en dehors de l’atmosphère.

Depuis 1957 et le lancement de Spoutnik, premier satellite artificiel dans l’espace, près de 5000 lancements ont été effectués et notre Planète est désormais entourée de millions d’objets, en rotation autour d’elle à un vitesse incroyable. Mais quelles conséquences ces débris volants engendrent-ils ?

Les chiffres sont impressionnants : les experts estiment que le nombre d’objets de plus d’un centimètre de diamètre qui tournent en orbite autour de la Terre serait de 750 000 ! Cela pose de réels problèmes à l’industrie aérospatiale car de tels déchets endommagent les satellites : ils seraient même la première cause de mort des engins envoyés depuis la Terre. Petits mais puissants : c’est à la vitesse de 40 000 km/h que toute cette pollution se déplace et l’impact lors d’une collision est alors démultiplié, causant de sérieux dommages aux installations spatiales.

Ainsi, l’Agence Spatiale Européenne est alertée en moyenne une fois par semaine d’un risque de collision pour ses 10 satellites en orbite basse (c’est à dire à moins de 2000 km d’altitude). A bord de la Station Spatiale Internationale, les astronautes vivent dans la peur d’être heurtés. En visioconférence lors de la réunion d’experts en Avril, Thomas Pesquet (à bord de la station) a expliqué que la station ne pouvait résister qu’à des débris de 1 centimètre de diamètre, obligeant les scientifiques à modifier la trajectoire de leur vaisseau pour se placer sur une autre orbite et éviter des dégâts trop importants, voire à évacuer totalement la station (ce qui s’est déjà produit plusieurs fois). 

La Station Spatiale Internationale (ISS)

Le problème est d’autant plus préoccupant, que le nombre de déchets polluant l’espace s’accroît à vitesse exponentielle. Ce phénomène est expliqué par le syndrome de Kessler : de plus en plus nombreux, les débris ont davantage de chance de rentrer en collision, de se briser en des milliers de morceaux,  et donc de créer de nouveaux déchets.

Boulons, écailles de peinture, morceaux d’aluminium… ces objets de petite taille représentent de vrais dangers de par leur gigantesque énergie cinétique. Si les gros déchets comme les étages de fusée existent, les experts parviennent à les cataloguer et les suivre pour pouvoir les éviter. Les petits déchets, quant à eux, ne sont pas traçables et les conséquences d’un impact peuvent tout de même être grave. Il y aurait ainsi plus de 150 millions de débris de 1 mm présents dans l’espace !  Au total, ce sont 7 000 tonnes d’acier qui parcourent l’espace en continu, soit l’équivalent du poids de la Tour Eiffel !

Toute cette matière provient de satellites anciens qui ont arrêté de fonctionner, à cause d’une panne ou simplement de leur mort programmée. Même s’ils ne fonctionnent plus, ils occupent une orbite pendant près de cent ans, et se désagrègent petit à petit.

Face aux problèmes posés par cette pollution, les experts ont établi des règles pour tenter de la contenir. La plupart du temps, les satellites hors d’usage sont déplacés progressivement vers une orbite dite “cimetière” , située à 36 000 kilomètres d’altitude. Mais désormais, les lancements doivent être effectués sur des orbites basses afin que les satellites puissent être redirigés en moins de 25 ans vers l’atmosphère, où ils brûlent. Néanmoins, cette procédure n’est applicable que lorsque la probabilité de causer des dommages à Terre est inférieure à 0,001. Enfin, pour les satellites dont on veut récupérer des comptes rendus d’expérience ou pour les missions habitées, les experts prévoient un “atterrissage” dans le “cimetière marin”, une zone maritime dans l’Océan Pacifique Sud.

 

Pour tenter de nettoyer l’espace, l’agence spatiale japonaise JAXA a conçu une sorte de filet pour attraper les déchets volants. Long de 700 m, ce filet magnétique a tout de même connu des difficultés lors de sa mise en service et le bilan n’est pour le moment pas convaincant.

Pour prévenir la pollution, il s’agit désormais de concevoir des engins moins polluants… L’américain Elon Musk, toujours en avance, a compris cet enjeu  : son entreprise Space X parvient à réutiliser plusieurs fois les mêmes lanceurs.

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Article écrit par:

calendar 11 octobre, 2017

( update )