La transition énergétique est-elle envisageable pour l’Asie ?

Résumé: L’Asie, plus grand continent du monde, concentre 60 % de la population mondiale et avec elle de tristes records de pollution.
Intéressons-nous de plus près à la transition énergétique de deux pays de l’Asie, la Chine et l’Inde : les deux plus grands pollueurs mondiaux. Néanmoins, retrouvez les actions concrètes mises en place, pour limiter l’impact sur l’environnement, de ces géants économiques.

La Chine, leader de l’énergie verte ?

La Chine fait partie des plus grands pays au monde avec une population d’un peu plus de 1,4 milliards d’habitants. La Chine a connu un véritable boom économique durant le siècle dernier, beaucoup d’entreprises ont décidé de poser leurs valises là-bas pour bénéficier d’avantages fiscaux, d’une main d’œuvre moins chère et de ressources naturelles abondantes.

Aujourd’hui la Chine est victime de son succès. Dans les grandes villes, l’air est devenu irrespirable tant la pollution y est dense. Dans le pays du soleil levant, on estime que l’air est 46 % plus pollué que dans les autres pays, ce qui a pour effet une diminution de l’espérance de vie pour ses habitants.

Le Saviez-vous ?

À cause de la pollution, les chinois peuvent perdre jusqu’à 6 ans d’espérance de vie dans les villes les plus polluées.

C’est donc naturellement que la Chine fait partie des pays les pollueurs au monde, avec 28 % d’émissions de CO2 dans le monde. Paradoxe, elle est également l’un des premiers acteurs de la transition énergétique.

La Chine est le premier pays producteur d’énergie depuis 2009. Depuis 2011, elle est le premier consommateur d’énergie au monde. Mais malheureusement, elle reste encore très dépendante du charbon, qu’elle exploite grâce à plus de 10 000 mines et qu’elle exporte également à l’international, en étant le premier exportateur de charbon au monde.

Aujourd’hui, l’électricité en Chine est encore issue à 77 % d’énergies fossiles, des énergies polluantes. Pour pouvoir sortir de ses énergies salissantes et envisager une transition énergétique, la Chine a décidé d’adopter différentes mesures pour encourager le développement des énergies durables. Elle facilite notamment la construction de nouveaux parcs photovoltaïques en limitant les taxes. Derrière ces nouveaux projets, se cache une volonté de répondre à 20 % de ses besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables, d’ici 2030. Pour pouvoir respecter ses objectifs, la Chine a prévu d’investir 373 milliards de dollars dans la production d’énergies renouvelables, pour 2030. Cette somme servira à développer l’énergie éolienne, hydraulique et photovoltaïque principalement. Des investissements se feront également dans le nucléaire.

Grâce à cette volonté et son plan Blue Sky destiné à améliorer la transition énergétique, la Chine a su se positionner comme un leader de l’énergie verte. Elle représente 23 % de la production d’électricité photovoltaïque mondiale et possède 25 % du parc éolien mondial. Face à ces chiffres importants, le pays a également dû faire des choix drastiques : diminution de 50 % de la consommation de charbon, malgré son abondance dans le pays et son prix peu élevé. De plus, de nombreux projets de création de nouvelles infrastructures pour la production d’acier, aluminium ou charbon, ont été simplement interdits. En 2017, 4 millions de foyers ont également été obligés de passer du chauffage au charbon, à l’électricité ou au gaz naturel.

Cette politique a permis d’obtenir de véritables chiffres, comme la diminution à 50 % des particules fines présentes dans l’air de Pékin. Mais si la Chine s’affirme comme le leader mondial de l’énergie renouvelable, un autre pays de l’Asie du Sud a décidé de lui faire concurrence. Il s’agit de l’Inde.

L’inde, nouveau modèle de transition énergétique ?

L’Inde est située au Sud de l’Asie, au niveau de sa population, le pays se situe juste derrière la Chine, avec 1,3 milliards d’habitant en 2018. L’Inde est également le 2ème pays le plus pollueur au monde, dû à sa forte dépendance au charbon, qui représente 60% de sa production d’électricité.

Mais comme la Chine, l’Inde a décidé de s’engager pleinement dans la transition énergétique pour modifier cela. D’ici 2030, le pays s’est engagé à réduire d’environ 35 % ses émissions de gaz à effet de serre et d’augmenter de 40 % la part des énergies renouvelables dans sa production et consommation d’électricité. Forte de son engagement, l’Inde s’est associée à la France, pour créer, l’Alliance Solaire International.

L'alliance Solaire International, c'est quoi ?

Créée en 2015, durant la COP21, elle regroupe 121 pays possédant des ressources solaires et qui ont décidé de devenir les ambassadeurs internationaux de cette énergie. Le but de cette initiative est de rassembler 1 000 milliards de dollars, pour financer la révolution solaire dans le monde.

Néanmoins l’Inde reste encore majoritairement dépendante des autres pays pour se fournir en énergie. Elle importe 81% de ses besoins en pétrole, 55% pour le gaz et 30% pour le charbon. Cela est un problème majeur pour les pays en développement, comme l’Inde et la Chine qui exportent mais importent également énormément d’énergie.

Si cela pose problème aux pays, pour les investisseurs il s’agit d’un véritable enjeu financier.

Le Canada à la conquête de l’Asie.

De l’autre côté de l’océan Pacifique, l’Asie a trouvé un allié : le Canada. Le groupe international Shell, a décidé de construire une nouvelle usine de liquéfaction du gaz, sur la côte Ouest du Canada. Coût du projet, 27 milliards d’euros.

Aujourd’hui l’Asie est le premier consommateur de gaz liquéfié, elle importe les ¾ de la production du GNL (gaz naturel liquéfié) mondial. Le nouveau site canadien, aura donc pour vocation de fournir uniquement le marché asiatique.

L’infrastructure pourra produire 26 millions de tonnes de GNL par an. Ce qui est nécessaire quand on sait que la consommation de ce gaz est amenée à doubler d’ici 2030. De plus le GNL, prend la relève du charbon, particulièrement en Chine car il est moins polluant. La Chine a d’ailleurs doublé son importation de GNL en 2017 et l’a encore augmenté de 40% en 2018. Aujourd’hui le 1er consommation de gaz liquéfié au monde est le Japon, suivi par la Chine et la Corée.

Le projet est détenu à 40% par Shell et le reste est partagé entre différents acteurs énergétiques asiatiques : le groupe malaisien Petronas à 25%, le leader chinois PetroChina à 15%, le japonais Mitsubishi à 15% et le groupe coréen Kogas à 5%.

Si l’Asie a donc été longtemps pointé du doigt par les défenseurs de l’environnement, pour ses taux de pollution dépassant largement les autres continents. Elle semble aujourd’hui vouloir faire table rase du passé et intégrer pleinement la transition énergétique mondiale même si les effets ne sont pas encore ressentis.