Véhicules électriques : disparition des voitures diesel ?

« Nous visons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici à 2040 », voilà ce qu’a déclaré Nicolas Hulot (le ministre de la transition écologique et solidaire), le 6 juillet 2017, en présentant le plan climat à la presse. L’objectif est ambitieux, mais est-ce la bonne solution ?

Selon le site Santé Publique France, la pollution de l’air est la 3ème cause de mortalité en France, en 2017. De part sa nature, il peut être difficile d’identifier la pollution de l’air comme source du décès. Comment procède-t-on ? La technique utilisée pour arriver à ces conclusions, est celle des faisceaux d’indices. Ces faisceaux permettent d’identifier la pollution de l’air comme cause de mortalité pour certains cas. C’est pour cela, que l’on peut dire que la pollution de l’air fait partie des principales causes de mortalité en France.

La dépollution de l’atmosphère : objectif réalisable ou utopie ?

Pour comprendre comment la France, l’Europe et le monde entier en sont arrivés au point de vouloir supprimer le diesel, il faut en savoir davantage sur les polluants et leurs conséquences sanitaires.

Les polluants et leurs sources

les polluants et leurs sourcesIl est bon de rappeler que les micro-particules ne sont pas les seules à avoir une incidence sur nous et notre santé, mais qu’il y a beaucoup de gaz polluants et également des gaz à effet de serre. Il existe une différence entre les gaz polluants et les gaz à effet de serre. Si on prend l’exemple du CO2, ce n’est pas en soi un gaz polluant, il va avoir un impact sur l’effet de serre et va engendrer le réchauffement climatique sans pour autant “polluer” notre air. A côté du CO2, vous avez le protoxyde d’azote (N2O) ainsi que le méthane (CH4).

La liste des gaz polluants est assez longue, voici les plus connus :

  • Les oxydes d’azote (NOx) ;
  • Les particules (PM10 et PM2,5) ;
  • Le monoxyde de carbone (CO) ;
  • Les hydrocarbures (HC).

Ces gaz, notamment le protoxyde d’azote provoquent des encombrements respiratoires comme les bronchites chroniques.

En effet, c’est désormais possible de se fournir en électricité ou gaz vert en consultant les comparateurs des offres d’énergie, sans pour autant faire grimper sa facture d’énergie.  Ceci permet aussi de prendre soin de notre planète en polluant moins.

La production des gaz polluants est causée par les transports, l’agriculture et la sylviculture, le chauffage, la production d’énergie ainsi que les activités industrielles. C’est pour cela que les gaz polluants sont aussi nombreux. Il faut noter que ces gaz peuvent également se transformer en  gaz à effet de serre.

Si l’on prend comme exemple la région d’Île de France, zone géographique très dense en termes de population et de circulation, le constat est assez étonnant. En prenant en compte seulement la densité au km² d’émission de polluants, il est évident que le niveau est plus élevé que dans d’autres zones géographiques. Cependant, si l’on observe le taux d’émission par habitant, la quantité est relativement plus faible qu’ailleurs. Cela s’explique par le fait que ce sont les secteurs résidentiel et tertiaire en Île de France qui sont la principale source de pollution. Ensuite, viennent l’industrie et les transports.

émission polluants Ile de France

Source : https://www.airparif.asso.fr/etat-air/air-et-climat-quelques-chiffres

En France, c’est globalement pareil puisque les principaux émetteurs de polluants sont les secteurs résidentiel et tertiaires. Ces secteurs sont en tête du classement des sources de gaz à effet de serre (40% des émissions de gaz à effet de serre). Ce sont également eux qui contribuent à hauteur de 20% dans les rejets d‘oxyde d’azote (NOx) et plus de 25% des émissions de particules.

Quant à lui, le trafic routier représente plus de 25% des émissions de gaz à effet de serre, plus de 50% des rejets d’oxydes d’azote et environ 25% des émissions de particules.

La question qui se pose est donc pourquoi s’attaquer à la voiture diesel ?

De la voiture classique à l’électrique

Pour comprendre l’évolution et le constat actuel de l’arrêt des voitures diesel et essence, en France, d’ici à 2040, il faut revenir sur l’évolution des normes et sur un bref historique du diesel et de l’électrique.

Avec les 30 Glorieuses ainsi que le développement de la consommation et de la production de masse, les voitures à moteurs thermiques se sont développées et multipliées dans les rues.

Il faut noter que le diesel a toujours été privilégié face à l’essence et ce pour plusieurs raisons. Il était moins taxé et présentait des avantages que n’ont pas les voitures essence. En effet, l’entretien d’un véhicule diesel est plus coûteux, mais le moteur est réputé mieux tenir et est idéal pour les longs trajets. Avec un allongement des temps de trajets ainsi que du nombre de kilomètres parcouru, ne serait-ce que pour faire un aller-retour domicile-travail, la voiture diesel paraissait la meilleure solution.

La voiture électrique existe depuis 1834, sa commercialisation s’est faite à partir de 1852. Cependant, la voiture électrique équipée d’une batterie rechargeable a été inventée en 1859. Ce n’est pas un procédé nouveau.

Un encadrement nécessaire à la santé publique

La pollution de l’air n’est pas un fait d’actualité, puisque les normes antipollution remontent aux années 50.

historique normes antipollutions

100% de véhicules électriques, est-ce possible ?

La question qui se pose n’est pas tellement de connaître la faisabilité des objectifs, mais plutôt la pertinence du projet. En effet, il faut relativiser certains points et prendre un peu de recul.

Certes, les voitures diesel et essence peuvent être nocives pour notre santé. Seulement est-ce la seule raison pour laquelle on souhaite passer aux véhicules électriques ? La réponse est bien évidemment non. Les émissions de gaz à effet de serre produites par le dioxyde de carbone (CO2) sont un fléau pour la planète et la survie de l’humanité dans de telles conditions. Il a fallu repenser les habitudes pour adapter notre mode de vie à la planète. Pour cela, la voiture électrique a été vue comme une évidence pour aider à effectuer la transition énergétique. Ce n’est pas le seul aspect qui change, puisque les habitudes de consommations évoluent vers plus de circuits-court, de consommation raisonnée et durable.

Le compteur électrique joue aussi un rôle important. Il permet de maîtriser le cheminement et l’utilisation de l’énergie d’ou l’existence de plusieurs sortes de compteurs. En effet, la consommation de chaque utilisateur d’électricité peut être directement communiquée à distance avec le nouveau compteur linky.

La disparition du diesel au profit de l’électrique : quid de l’essence ?

Il est important de noter que l’essence est également dans le viseur du gouvernement français, même si ces dernières années, c’est le diesel qui a été accusé. Le diesel a été privilégié face à l’essence durant des années. Maintenant que le diesel est rentré comme habitude d’achat, c’est l’heure pour ce carburant de s’éteindre. En effet, en 2008, 3 voitures vendues sur 4 étaient des voitures diesel. En 2017, ce n’est plus que 45% des voitures vendues qui sont diesel. Il y a donc un recul notoire de l’achat des voitures diesel. Cela est dû à l’augmentation du prix du gazole par le biais des taxes.

L’essence n’est pas épargnée par les nouvelles normes en vigueur et les objectifs à court et moyen terme. Le but est de pouvoir supprimer les véhicules qui utilisent la combustion d’énergies fossiles. D’ici à 2040, il existera encore des voitures diesel et essence en circulation, mais dans la plupart des grandes villes, elles ne pourront plus circuler. Il faudra alors prendre les transports en commun, faire du covoiturage ou investir dans un véhicule électrique.

disparition du diesel pour l'electriqueLe gouvernement s’est attaqué d’abord au diesel parce que ce sont les voitures qui sont considérées comme les plus polluantes. Ce qu’il faut voir, c’est qu’avant la mise en place de la réduction des émissions de particules, il était évident que les moteurs diesel émettaient trop de gaz polluants. Seulement, à l’heure actuelle avec la mise en place de nombreuses normes, l’essence se trouve plus polluant que les nouvelles voitures diesel. En effet, un moteur essence à froid va émettre beaucoup de gaz polluants et va donc être plus néfaste qu’un diesel. Il faut donc également chercher à retirer de la circulation les voitures à essence.

D’ici à 2022, le diesel sera aussi cher que l’essence afin d’équilibrer les ventes et amener les consommateurs à se tourner vers l’électrique.

La voiture électrique : respectueuse de l’environnement, mais pas propre ?

Si on regarde juste la consommation énergétique et la pollution qu’émet une voiture électrique en circulation, le constat sera le suivant : une voiture électrique pollue moins et consomme moins d’énergie qu’une voiture thermique. Seulement, cela ne fait pas tout. Mettre en place le développement d’innovation pour que la consommation d’énergie et l’émission de polluants soient réduites implique une construction et une destruction saine pour la planète.

« Tout véhicule a un impact sur l’environnement, lors de sa construction comme de son cycle de vie. On ne peut pas qualifier la voiture électrique de propre, mais on peut avancer qu’elle contribue au développement durable ou qu’elle est plus propre que les voitures thermiques, à condition d’en apporter la preuve.” Stéphane Martin, directeur général de l’ARPP

 

Voici un récapitulatif  de ce qu’il faut améliorer pour avancer qu’une voiture électrique est propre et écologique :

production voiture électrique

 

Qu’en est-il à l’avenir ?

Pour éviter d’avoir ce type de problème à l’avenir, les départements de recherche et développement des entreprises automobiles doivent se pencher sur le processus de construction. Pendant ce temps-là, la science doit chercher des énergie renouvelables pour que les batteries ne soient plus fabriquées par des métaux rares comme le lithium.

Ces objectifs sont faciles à énoncer, mais plus complexes à réaliser. C’est comme pour chaque chose, c’est bon, sans trop en abuser. Pour cela, il faut que les normes continuent dans ce sens et varier les types de transport. Le plan climat prévoit une neutralité carbone d’ici à 2050.

Si on prend la ville de Paris comme exemple :

  • Aides financières pour le renoncement à un véhicule thermique ;
  • L’aménagement des voiries : développement du réseau cyclable, création de zones de rencontres, plus de zones 30, un plan piétons, etc… ;
  • La piétonnisation des rives de Seine et des Champs Elysées ;
  • L’obtention d’un véhicule plus propre via des aides aux particuliers ou via des investissements publics : 400€  d’aide pour un véhicule électrique par exemple, autolib, vélib, tramway, etc…

C’est en faisant des efforts quotidiens que les choses vont changer. Un véhicule électrique est moins polluant qu’un véhicule thermique. Les avancées technologiques et le développement de nouveaux procédés vont permettre d’arriver à l’objectif d’un véhicule propre.

Sources :

  • http://presse.ademe.fr/2017/12/etude-le-vehicule-electrique-dans-la-transition-ecologique-en-france.html
  • http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=5871&from_espace_adherent=0
  • http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/vehicule_electrique_synthese.pdf

 

 

Commentaires

1 Avis 2/5

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colonna
2/5

Et comment va t'on fournir l'électricité nécessaire, particulièrement en hiver ou la surcharge existe déjà?.... De nouvelles centrales nucléaires, au fioul ou à charbon ?…