Et si on était écologique même après notre mort ?

Mêmes morts, les hommes représentent une menace pour l’environnement. Oubliez la crémation ou l’inhumation  il semblerait qu’une alternative aux modes classiques de sépulture soit possible.

 

A l’heure actuelle, il existe deux possibilités pour prendre soin du corps d’une personne décédée : l’inhumation ou l’incinération. Problème ? Ces deux solutions sont lourdes de conséquences sur le plan environnemental. Pour minimiser cet impact, opter pour un retour à la nature en laissant son corps se décomposer pourrait être bientôt possible. Ce processus appelé l’humusation fait l’objet de pétitions qui militent en faveur d’un changement de la loi pour qu’il soit enfin autorisé.

Le premier argument contre les méthodes classiques dénonce l’utilisation massive de bois pour la construction des cercueils. Pour chaque cercueil, 50 kg de bois sont nécessaires.  En tout, on estime que 100 000 stères de bois sont dédiés chaque année à la construction de cercueils, ce qui équivaut à 10000 hectares de forêts rasés.

 

L’impact de l’inhumation

 

Par tradition, les corps de nos morts sont préparés pour être présentés à la famille et aux proches avant l’enterrement. Tous ces traitements (on parle de thanatopraxie) sont malheureusement extrêmement toxiques : on y trouve entre autre des fongicides, des pesticides ou encore des biocides. Une fois le corps enterré, ces substances sont libérées dans la nature au fur et à mesure de la décomposition et agissent comme un poison sur l’environnement. Elles mettent des milliers d’années avant de disparaître.

Avec la croissance de la population mondiale, et notamment la population urbaine, les cimetières sont saturés. Conséquence, on enterre les corps à une plus grande profondeur, à laquelle la quantité d’air pour la décomposition n’est pas suffisante. De cette décomposition hétérogène résulte la libération directement dans la terre de nombreuses substances toxiques produites naturellement par le corps : la cadavérine et de la putrescine. Ces produits chimiques viennent s’ajouter aux nombreuses autres substances artificielles qui se trouvent dans nos corps. Ainsi, 95% de la pollution due à la décomposition des corps provient des grandes quantités de mercure présentes dans les alliages dentaires.  S’ajoutent d’autres substances comme les restes de traitements médicaux ou les perturbateurs endocriniens qui viennent polluer de manière pérenne les sols et les nappes phréatiques.

Enfin, si on prend en compte toutes les dépenses en énergie et en eau nécessaires à l’entretien d’un cimetière, l’inhumation apparaît comme la solution la plus lourde pour l’environnement.  

Le crématorium rejette des fumées toxiques et consomment énormément d’énergies fossiles.

 

L’impact de la crémation

 

Le principe de la crémation est de réduire le corps en cendres en l’exposant à des températures extrêmement élevées. Durant plus d’1h30, le corps est chauffé à plus de 1000°C. Pour parvenir à des températures si hautes et pour réussir à réduire en cendres le corps humain qui naturellement ne brûle pas facilement, il est nécessaire d’utiliser d’importantes quantités de combustibles. On estime ainsi qu’il faut environ 200 litres de carburant, ce qui entraîne le rejet de près de 160 kg de gaz à effet de serre !

Durant la crémation, les principaux produits chimiques contenus dans les vêtements ou le corps du défunt sont rejetés dans les égouts ou sous forme de fumées dans la nature. Dioxyde de carbone, anhydride sulfureux ou encore oxydes d’azote sont libérés dans l’air par les crématorium et peuvent accroître la force des pluies acides.

 

Le principe de l’humusation

 

Il semblerait néanmoins qu’une manière bien plus naturelle permette d’éviter de telles dépenses énergétiques et de telles pollutions: l’humusation.

Entouré d’un linge biodégradable, le corps est enterré dans un tas d’engrais naturels composés de bois d’élagage et de lignite. Au bout d’un an seulement, le corps est totalement décomposé (sauf les os)  et on peut récupérer près de 1,5 mètre cube de ce mélange de terre particulièrement fertile.

Si la décomposition du corps se fait de manière naturelle et complète, elle ne dégage pas de produits toxiques. C’est pour cela que de nombreuses personnes aimeraient choisir ce mode de sépulture mais la législation actuelle ne le permet pas. Ainsi, de nombreuses pétitions circulent pour le rendre légal, notamment en Belgique où des demandes ont déjà surgi des communes de Walhain, Ottignies-Louvain-la-Neuve et Chaumont-Gistoux et sont en cours de traitement.

Outre les bénéfices environnementaux, l’humusation présente un important avantage économique. Les modes classiques de sépulture qui nous sont actuellement imposés ont tendance à être extrêmement coûteux (jusqu’à 6000€ pour un cercueil). Ici, en confiant la dépouille à la nature, prendre soin de ses proches décédés coûterait bien moins cher. L’humusation se défend également d’un point de vue éthique : il s’agit pour beaucoup d’un retour de l’homme à la nature, et d’une sorte de résurrection sous forme organique de la puissance vitale.

De manière générale et dans de nombreux pays émerge la volonté de modes de sépulture alternatifs aux traditionnels : outre l’humusation, les habitants de 15 états américains, les Australiens et les Québécois peuvent désormais faire appel à l’eau pour le traitement de leur corps. Ce procédé appelé aquamation consiste à laisser un corps plusieurs heures dans de l’eau très chaude qui accélère sa décomposition et permet d’économiser 90% d’énergie.

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