Les smart cities, un atout pour la transition énergétique ?

Résumé: Dans l’ère de la transition énergétique, projets et initiatives sont émergents et toutes les innovations cherchent à sortir des énergies fossiles, qui sont des sources de pollutions. Mais cette transition soulève de nouvelles questions. Nos villes sont-elles faites pour cette transition ? Penser mieux les villes ne permettrait-il pas d’optimiser la transition énergétique ?
Apprenez-en plus sur les smart cities, les villes de demain et découvrez les solutions qui ont déjà été trouvées en France !

Les smart cities, c’est quoi ?

Avant de découvrir les solutions qui ont été mises en place dans nos agglomérations, il est important de rappeler ce qu’est une smart city.

Les smart cities sont des villes pensées de A à Z, pour faciliter le quotidien des habitants. Elles sont généralement hyper connectées, de façon à pouvoir analyser en temps réel les données de la ville (éclairage urbain, fréquentation des transports en communs, place de parking disponible). Cela permet de maîtriser les dépenses énergétiques, de réduire les coûts et surtout de limiter l’impact sur l’environnement. Il y a quelques années, les smart cities étaient encore qualifiées de villes utopistes, tant leur fonctionnement semblait abstrait et irréaliste. Aujourd’hui, elles s’adaptent parfaitement à notre quotidien et se développent en grand nombre, sans même qu’on le remarque.

Bon à savoir

Vous souhaitez maîtriser vos dépenses énergétiques ? Vous pouvez désormais choisir votre fournisseur d’énergie, aujourd’hui la majorité propose une offre « verte » en faveur du développement durable.

Barcelone, un modèle européen

La première ville à s’être transformée pour devenir, une ville intelligente, est Barcelone (Espagne). La transformation a lieu dès 1992, durant les Jeux Olympiques qu’elle accueille, la ville se lance dans des travaux de grande ampleur, pour installer 500 kilomètres de fibre optique. À la suite de cela, de nombreux objets connectés intègrent le quotidien des barcelonais, leur facilitant ainsi la vie. Par exemple, des capteurs ont été installés sous les places de parking et grâce à une application connectée, il est possible de savoir directement quelle place est occupée ou non. Cela a permis de réduire considérablement les bouchons dans la ville. De plus les traditionnels parcmètres ont été remplacés eux aussi, par une application qui permet de payer et pré-réserver sa place de parking. Conséquence ? En 2018, le bénéfice des stationnements à Barcelone, a augmenté de 36,5 millions d’euros et la fluidité revient dans la ville. La diminution de la pollution liée à la recherche de places ne peut être que bénéfique à la ville ! Des capteurs ont également été disposés dans les poubelles de la ville, cela permet de vérifier leur taux de remplissage de façon à savoir, s’il est utile ou non de faire venir les éboueurs. Cela permet d’éviter des trajets inutiles avec les camions poubelles et limite les bouchons et les coûts de voirie donc. Les capteurs permettent également de vérifier le bon écoulement des eaux et donc de savoir s’il faut allumer ou non l’arrosage automatique des pelouses. Cela a permis une importante économie sur la facture d’eau de la ville, environ 42 millions d’euros, mais c’est surtout une belle économie d’eau, ressource à préserver !
Aujourd’hui la capitale catalane est encore une référence sur la problématique des villes intelligente et inspire beaucoup, notamment la France.

La France adopte elle aussi les smart cities

En 2018, on comptait 25 smart cities en France, dont 14 qui avaient moins de 250 000 habitants. 64% de ces villes intelligentes ont investi dans l’open data, qui consiste à ouvrir les données de la ville aux entrepreneurs ou aux citoyens. Cela donne la possibilité de visualiser ces données et de créer des services adaptés aux besoins. Outre la possibilité d’ouvrir de nouvelles opportunités de développement économique, ces données permettent de mieux savoir où économiser les ressources et comment optimiser leur utilisation. 12 villes sur 25 ont également misé sur les plateformes participatives, ce qui donne la possibilité à tous les habitants de prendre la parole et de s’exprimer sur des sujets du quotidien. Une nouvelle fois, cette pratique permet de mieux penser les services, les adaptant aux besoins des citoyens.
La liste des solutions mises en place est bien-sûr non-exhaustive, les projets envisageables pour rendre une ville plus intelligente sont nombreuses et de nouveaux se développent chaque jour. Chaque ville choisit et adapte ensuite le projet qui lui semble le plus adapté à ces besoins.

Des réussites françaises en terme de smart cities

En France, il existe donc plusieurs villes smarts (intelligentes). Voici des exemples inspirants : quatre exemples d’agglomérations, qui ont choisi des solutions durables pour faire vivre leur ville et améliorer le confort des habitants.

Une université 2.0

Dans l’université de Villeneuve d’Ascq, SunRise, à côté de Lille, un laboratoire grandeur nature de smart city a vu le jour. En 2010, des capteurs sont disposés dans plus de 100 kilomètres du réseau d’eau du campus. Cela permet d’analyser continuellement l’état du réseau, de détecter des fuites, des problèmes d’écoulement d’eau, etc. Ce système a permis d’anticiper, ou de réagir au plus vite lors de fuites et ainsi économiser 300 m3 d’eau, soit une économie de 1 200 euros par jour. Face à la réussite du projet, les initiatives ont continué, le système d’assainissement d’eau et le système de chauffage ont eux aussi été équipés de capteur et de nouveaux projets sont en cours pour traiter les donnés de l’électricité. Ce projet est rapidement devenu un modèle, labellisé démonstrateur en 2012 par l’Union Européenne et depuis des scientifiques se déplacent du monde entier pour l’étudier.

The Good Place à Issy-les-Moulineaux

L’écoquartier numérique du Fort d’Issy à Issy-les-Moulineaux, est lui aussi un parfait exemple de la smart city. Il regroupe 1 600 logements, répondant à la norme Haute Qualité Environnementale. Ces habitations, sont fournies en chauffage et eau chaude, à 75% grâce à 2 puits géothermiques. De plus, le quartier est équipé de nombreuses infrastructures facilitant la vie, des commerces de proximité, une école en bois et en paille, une piscine feng shui et un vaste jardin partagé. Ce quartier futuriste loge plus de 3 000 habitants et a vu le jour en 2013.

Petite mais avec de grands projets

La plus petite ville intelligente de France est Chartres et elle représente un véritable exemple dans le domaine des smart grids. La ville a misé beaucoup sur l’éclairage public, qui est devenu un véritable atout dans la vie de tous les jours. Elle a rendu son éclairage public communiquant et l’a ainsi relié à des capteurs qui permettent de gérer le remplissage des poubelles, la disponibilité des places de parking, la mesure des donnés météorologiques. Ce système permet donc une nouvelle fois d’économiser de l’argent, de l’énergie et de faciliter la vie des habitants. Autre point fort de la ville, son éclairage fonctionne grâce à la détection de personnes. Finis les lampadaires allumés toute la nuit ou les boulevards sombres.

Lyon : l’exemple français

Pour finir, nous pouvons exposer la réussite de la ville de Lyon, qui a été classée 1ère ville intelligente de France et 10ème d’Europe par le parlement européen en 2015. Lyon a déjà investi plus de 340 millions d’euros dans des projets smart city. La ville excelle, tout particulièrement dans le domaine des smart grids où elle a su adapter parfaitement l’approvisionnement électrique en fonction des demandes des consommateurs. La ville a également misé sur l’énergie renouvelable, en investissant dans le photovoltaïque, qu’elle a su améliorer grâce à ses connaissances technologiques et les smart grids. Par exemple dans le quartier Confluence, modèle du smart grids et de l’énergie renouvelable, 20 000 m2 de panneaux solaires ont été installés pour pouvoir fournir la demande en électricité du quartier. Un quartier au design surprenant mais avec de grandes idées.