La Cop24 s’étant achevée sur une déception générale, il est important de rappeler que les Etats ne sont pas les seuls porteurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Les acteurs privés, notamment les entreprises, mais aussi les particuliers ont une responsabilité importante dans cette transition et peuvent y apporter leur contribution de manière quotidienne et continue. Un des leviers d’action peu connu est celui de l’utilisation des outils numériques que nous faisons chaque jour. Lutter contre le réchauffement climatique en envoyant moins de mails et en optimisant ses recherches Google, c’est possible ! On vous explique comment.


Internet n’est pas gratuit !

“Merci”. Voici le type de mail que l’on peut recevoir en guise de réponse. Un mail, c’est gratuit, c’est rapide et cela ne coûte rien de dire “merci”. Et bien détrompez-vous, envoyer un mail de la taille d’1 Mo produit environ 15 grammes de CO2 et cela coûte à la planète. Si l’on rapporte ce chiffre à ce qu’une entreprise d’une centaine d’employés envoie quotidiennement, cela équivaut à environ 13 tonnes d’émission de CO2 par an. Rapportez ce chiffre au volume mondial de mails envoyés qui est de 500 milliards chaque jour (spams inclus) et en constante augmentation et vous comprendrez pourquoi il est temps de prendre conscience que l’utilisation d’internet n’a rien de “gratuit”.

La planète vous dit “merci”

Les bon réflexes à adopter pour réduire les émissions de CO2 dues à l’envoi de mails :

  • Réduire l’envoie des mails en ciblant les destinataires
  • Mettre à jour les listes de diffusion
  • Ne pas mettre inutilement des destinataires en copie d’un mail
  • Ne pas envoyer deux fois le même mail à la même personne
  • Réduire la taille des pièces jointes
  • Supprimer les spams
  • Nettoyer régulièrement sa boîte mail

Il en va de même pour une recherche Google, cela peut paraître anodin car nous avons tous tendance à googler tout et n’importe quoi. Sachez cependant que l’impact environnemental d’une requête Google peut être divisé par 4 si l’on se rend directement sur l’URL du site internet recherché. En effet, avant d’avoir le résultat escompté affiché sur son écran, la requête passe par plusieurs centres de traitement de données en quelques secondes :

  1. L’internaute demande le moteur de recherche Google ;
  2. Le centre de traitement de données affiche la page d’accueil de Google ;
  3. L’internaute tape sa requête dans la barre de recherche ;
  4. La requête est envoyée au centre de traitement de données de Google
  5. L’internaute choisit le résultat le plus pertinent ;
  6. La demande est envoyée au centre de traitement des données du site choisi
  7. L’internaute voit son résultat s’afficher.

Cibler les recherches Google et ne pas rechercher tout est n’importe quoi sur internet permettra aussi de diminuer l’empreinte écologique de ce type d’outil numérique. De plus, il est fortement recommandé d’expliquer à ses collègues pourquoi l’on n’a pas répondu un simple “merci” à son dernier mail en guise d’accusé de réception et que cela n’était pas par impolitesse ou par oubli. Et c’est la planète qui vous dit merci.

La dématérialisation coûte cher à la planète

Afin de lutter contre ces nouvelles formes d’inconscience collective, des institutions et des organisations se sont réunies autour de ces thématiques pour les étudier et mettre en place des actions : l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), WWF ou encore Green IT. Pour certains, cela peut paraître tout à fait naturel d’éteindre la lumière en quittant une pièce ou d’éteindre sa box internet avant de partir en vacances. Cependant, pour la majorité de la population occidentale, ces petits gestes qui peuvent tout changer sont loin d’être intégrés dans leur quotidien.

Voici, pour se rendre compte, quelques chiffres sur l’empreinte écologique du monde digital sur notre environnement :

Green IT

Le digital fait parti des défis environnementaux

En 2016, l’ADEME publiait un Livre blanc sur la consommation énergétique des équipements informatiques en milieu professionnel. Les résultats de cette étude annonçaient notamment que 80% des organisations participantes ne connaissaient pas la part de consommation électrique de l’informatique. Prenant en compte le rôle clé que jouent les entreprises dans l’évolution de nos modes de production et de consommation, l’ADEME a publié un certain nombre de recommandations pour les inciter à réduire l’empreinte écologique du numérique et accélérer la transition.

En 2018, WWF France prend le relais et publie une expertise avec le Club Green IT qui suggère des bonnes pratiques à appliquer notamment au sein des grandes entreprises françaises. L’état des lieux indique qu’il faut encourager les entreprises à prendre des mesures concernant les systèmes d’information, mais aussi la gestion de fin de vie des équipements. L’étude montre également que des efforts ont déjà été engagés sur le point de l’allongement de vie des équipements, ce qui est une très bonne nouvelle.

La Green IT veut inciter les entreprises à prendre conscience de l’utilisation du numérique qu’elles font au quotidien pour les amener à l’utiliser au service de l’environnement. La démarche vise également à sensibiliser les fabricants des services numériques pour aller vers une conception des services digitaux toujours plus performants d’un point de vue notamment environnemental, économique et social.

Enjeu social du recyclage du numérique

WWF et l’ADEME ont démontré qu’entre 70 et 90% des déchets d’équipements électriques et électroniques font l’objet d’un trafic et ne sont pas recyclés. Ce trafic est comparable à celui du trafic de drogue au niveau mondial.

Enfin, la Green IT demande aux entreprises d’industrialiser la démarche du numérique responsable au sein de leurs équipes afin que chacun devienne acteur de cette transition et se sente responsabilisé face à l’enjeux environnemental lié à l’utilisation du digital. Enfin, l’ADEME a mis en place une checklist de recommandations évidemment non contraignantes dont nous rappelons ici les principaux points qui font partie de la règle des 4R : Réduire Réparer Réemployer Recycler.

  • Adopter une politique d’achat responsable : ne pas acheter du matériel dont on n’a pas besoin ou qui ne serait pas nécessaire. Opter pour du reconditionné si possible.
  • Mutualiser les infrastructures afin d’éviter la multiplication des données dupliquées.
  • Ne pas mettre à jour les logiciels systématiquement.
  • Eviter d’imprimer des documents : un monde sans papier et sans utilisation d’imprimante reste la priorité absolue.
  • Allonger la durée de vie des équipement : donner ceux qui fonctionnent encore ou faire recycler ceux qui ne sont plus en état.

informatique durable

Sources : greenit.fr, wwf.fr, ademe.fr, rsln.fr.

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