La transition écologique

La transition écologique est un mouvement initié par Rob Hopkins dans les années 2000, et théorisé dans son ouvrage The Transition Handbook : From Oil Dependency to Local Resilience (en français : Manuel de Transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale). Désormais, les initiatives locales de transition écologique sont réunies dans le réseau de Transition (Transition Network).  

La transition a pour but d’emmener vers une résilience locale. Il s’agit donc de compter sur les populations locales pour trouver les solutions durables pour protéger l’environnement et faire face aux crises économiques et écologiques. Il existe plusieurs leviers pour cette transition :

  • La réduction de la consommation d’énergies fossiles
  • L’économie locale et la consommation de proximité
  • La formation personnelle des acteurs locaux

Le modèle de la transition tel qu’imaginé à l’origine est fait pour servir de cadre de réflexion et pas de méthode systématique. Chaque collectivité locale construit ensuite son propre système adapté à ses besoins et ses ressources.

L’intérêt d’agir localement est de revenir à un niveau auquel les citoyens peuvent penser des solutions adaptées à l’endroit où ils vivent et agir pour leur environnement à proximité. Il est aussi plus facile de trouver des ressources et des moyens humains au plus près. De plus, l’idée de la transition écologique part du principe que l’économie devra nécessairement se relocaliser et se transformer en économie de proximité.

Le concept de résilience

Le concept de résilience est important dans la notion de transition écologique. Selon Brian Walker, la résilience est :

« La capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.”

 

Pour une communauté, la résilience est la capacité à faire face à une pénurie et de répondre à la crise en s’adaptant. Le concept de résilience se différencie de celui de subsistance. Par exemple, la collecte et le recyclage des matériaux ne permettront pas à une communauté d’améliorer sa résilience. En revanche, la réutilisation de ces matériaux pour un usage local de construction ou d’isolation permettra d’améliorer la résilience.

L’intérêt d’une communauté à haute résilience sera de limiter l’impact de la destruction d’une partie de la communauté. Les solutions développées seront d’ailleurs plus variées car adaptées aux circonstances locales. La communauté sera à même de couvrir ses besoins sans déplacements ou transports importants. Les coûts seront également diminués grâce à la disparition des intermédiaires et leur remplacement par des alternatives locales adaptées.

A retenir

L’objectif d’une résilience locale accrue n’est pas d’enfermer les communautés mais de développer une autosuffisance et une consommation plus sobre.

Les principes de la transition écologique

La transition écologique repose sur 6 grands principes :

1. La visualisation : il s’agit d’avoir une vision claire du résultat de la transition et de l’objectif vers lequel elle emmène.

2. L’intégration : il s’agit de quitter les schémas classiques dans lesquels les mêmes acteurs parlent toujours entre eux. Le dialogue doit avoir lieu entre tous les acteurs et toutes les personnes pouvant être impliquées.

3. La conscientisation : il s’agit de partir du principe que des personnes ne connaissent rien à la situation et qu’il faut donc expliquer la situation de la manière la plus claire possible à tout le monde.

4. La résilience : c’est la capacité d’un écosystème à retrouver un fonctionnement et un développement normal même après avoir subi des perturbations. Lorsque l’écosystème est dégradé, sa résilience est réduite. La reconstruction de la résilience est donc un objectif de la transition écologique.

5. L’intuition psychologique : cela part du constat que les gens se sentent souvent isolés face à la crise écologique. Leur participation à un groupe permettrait donc de surmonter ces obstacles psychologiques face à l’action et la réflexion.

6. Les solutions crédibles et appropriées : il faut trouver l’équilibre entre ce que les individus peuvent faire à leur échelle et les actions nécessaires pour répondre à la crise écologique. Il ne suffit pas de présenter les problèmes et de présenter une ou deux solutions telles que le fait d’éteindre les lumières.

Les 12 étapes du projet

La création d’un projet de transition passe par 12 étapes :

1 – Fonder un groupe de pilotage et prévoir sa dissolution : pour que le groupe puisse fixer des objectifs et des principes écrits et se concentrer sur le résultat, mais en étant prêt à passer la main lorsque leur énergie est épuisée. Il faudra aussi impliquer tout le monde et éventuellement se faire épauler par des professionnels.

2 – Sensibiliser : il faut savoir dire la vérité sans l’adoucir, tout en restant positif pour proposer un espoir. Lors des temps de rencontre, il faut laisser aux gens le temps d’assimiler l’information. L’idée est également de créer des liens entre les membres du réseau sur lequel l’initiative repose.

3 – Poser les fondations : il faut intégrer les groupes écologistes et solidaires déjà existant pour les impliquer dans le processus, et également contacter les élus locaux.

4 – Le grand lancement : lorsque le travail de préparation est suffisamment avancé et solide, il faut lancer officiellement l’initiative avec un événement public fort. Il ne faut pas se précipiter pour éviter que l’événement n’ait pas les répercussions attendues : il s’agit d’attirer du monde autour de l’initiative.

5 – Refonder le groupe de pilotage et lancer des commissions thématiques : comme prévu, il faut refonder le groupe de pilotage pour intégrer les nouveaux arrivants. A ce stade du projet, il doit y avoir suffisamment de monde pour fonder des groupes thématiques pour créer des visions sur le thème concerné, en s’appuyant sur les associations ou les projets existants sur le sujet.

6 – Utiliser la technique des « forums ouverts » : ce sont des réunions sur un thème général (alimentation, santé, etc.) sans ordre du jour. Il peut être utile d’inviter des personnes compétentes sur le sujet ou ayant de l’influence sur le territoire.

7 – Créer des réalisations visibles et concrètes : cela sert à montrer que l’initiative est solide et à faire de la pédagogie par l’exemple. C’est aussi une manière de motiver les participants et de communiquer. Il ne faut pas pour autant se lancer dans des projets trop ambitieux dès le départ.

8 – Initier la grande requalification : il faut savoir quelles compétences seront nécessaires dans un territoire réalisant et ayant réalisé sa transition, et organiser des évènements permettant d’acquérir ces compétences.

9 – Créer des liens avec les autorités locales : c’est à faire le plus tôt possible pour connaître leurs actions, leurs ressources, leurs projets, etc.

10 – Honorer les anciens : il faut prendre des conseils auprès des anciens grâce à leur expérience d’un monde avec moins de pétrole. Ils peuvent permettre de se souvenir que vivre avec moins d’énergie est possible.

11 – Laisser les choses suivre leur cours : le risque serait de s’enfermer dans un scénario trop précis qui ne pourrait pas s’adapter à une réalité future encore imprévisible.

12 – Elaborer un plan d’action de descente énergétique : il s’agit d’un guide et d’une invitation à l’action pour montrer que la transition est réaliste.

Le plan de descente énergétique

Il faut d’abord établir un état des lieux de la dépendance énergétique locale. Grâce à cela, il faut ensuite élaborer la vision en se projetant plusieurs dizaines d’années plus tard. Il s’agit alors d’une vie avec moins d’émissions de gaz à effet de serre et moins de consommation d’énergie fossile. Cette vision doit être détaillée. Enfin, il faudra établir un planning pour la descente avec les moyens et les étapes. Cela se fait en utilisant les indicateurs de résilience. Une fois le projet rédigé, il faudra le célébrer par une manifestation publique. C’est à partir de là que la transition débute réellement.

Les initiatives de transition écologique

Plusieurs groupes ont vu le jour pour partager sur le mouvement de transition et discuter des expériences. Le groupe Objectif résilience est l’un d’entre eux.

Voici également la liste des villes et régions en transition :

Aix-en-Provence Albi Ardèche Arles Auch
Auterive Avignon Barbezieux Bordeaux Bayonne
Bourg en Bresse Caen Cantal Céret Cergy-Pontoise
Chambéry Châteauneuf-sur-Loire Chaville Déodatie Duguesclin
Dijon Epinal Evreux Ferney-Voltaire Fontainebleau
Forcalquier Frontignan Gironde Grenoble Lalinde
La Rochelle La Roche sur Yon Le Vallois Linas Loire
Lozère Lyon – Croix Rousse Lyon 7 Villeurbanne Mantois
Marseille Maurienne Makaloff Mayenne Montpellier
Montreuil Morvan Mulhouse Munster Muzillac
Nancy Nantes Oloron Orléans Paris 20ème
Paris IDF Perpignan Pertuis Plombière Rambouillet
Rennes Ria d’Etel Rouen Roquefort-les-Pins Saint Antoine L’Abbaye
Saint Honoré-Les-Bains Saint Macaire St André Saint Quentin-en-Yvelines Salies de Béarn Sablons
Salon Seillans Senaillac Semur Sète
Sucy-en-Brie Toulouse Trièves Ungersheim Villages d’ Yvelines
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Article écrit par:

calendar 26 septembre, 2017

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