Courir pour la planète

Résumé : A l’approche du printemps, de nombreux runners reprennent le chemin de la course à pied pour préparer les grands rendez-vous de la saison. De quoi rompre le rythme métro, boulot, dodo pour de nombreux parisiens ! Mais depuis quelques années, de nouvelles courses se multiplient et s’engagent, notamment pour l’environnement. Alors, running et écologie, est-ce compatible ?

Les bienfaits de la course à pied

Avec le retour des beaux jours et l’approche du printemps, peut-être faites-vous partie des 13 millions de Français qui reprennent le chemin de la course à pied. Et si vous n’en êtes pas encore, il est temps de rejoindre les rangs des runners !

Il faut dire que la course à pied est particulièrement bénéfique pour votre santé, et il serait dommage de s’en priver. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de courir tous les matins pour en profiter, puisque deux ou trois sorties par semaine permettent déjà de bénéficier des effets positifs du running sur la santé. Mais alors, que vous apporte la course à pied ?

  • Vous éliminez des calories et veillez donc sur votre poids
  • Vous améliorez votre souffle et vos performances cardiaques
  • Vous renforcez vos articulations et obtenez des os plus solides
  • Vous facilitez votre digestion et renforcez votre système immunitaire
  • Vous gagnez en qualité de sommeil et réduisez votre stress

running santéEn libérant des endorphines et des sérotonines, la course à pied a un effet déstressant et vous rend plus heureux. Mieux encore : c’est prouvé par une étude de Stanford, que vous pouvez lire ici, le running ralentit votre horloge biologique. Sur les gens ayant participé à l’étude, les coureurs souffraient des maladies chroniques seize ans plus tard que les non-coureurs. Et si vous rêviez d’une machine à remonter le temps, sachez que la course à pied régulière vous permet de gagner jusqu’à neuf ans d’espérance de vie. Alors, faut-il vraiment en dire plus ?

Les courses à ne pas rater au printemps

Sur nos 13 millions de coureurs français, nombreux sont ceux qui ne participent à aucune compétition. Pourtant, elle aussi fait partie du plaisir de courir. Une course en compétition, c’est le sentiment de se dépasser, d’atteindre ses objectifs, et de faire partie d’un événement qui rassemble des centaines, voire des milliers de coureurs.

C’est aussi le plaisir de se retrouver en communauté et d’aller chercher la performance.  Alors, si vous êtes convaincu par les bénéfices de la course à pied, ou si vous faites partie de ceux qui la pratiquent déjà, ne ratez pas les rendez-vous incontournables des mois qui viennent.

Les courses mythiques à Paris

Parmi toutes les courses programmées tout au long des week-ends printaniers, certains sont incontournables : celles-là, il faut les réaliser au moins une fois dans sa vie ! Elles ont atteint ce statut un peu particulier dont jouissent les courses que tout le monde connaît, même ceux qui n’ont jamais chaussé leurs baskets.

Au début du mois de Mars, quelques dizaines de milliers de runners se retrouvent ainsi dans l’est parisien pour le départ du semi-marathon de Paris. Excellente préparation pour le marathon qui a lieu le mois suivant, le semi s’est également imposé comme distance en lui-même. Et puis 21,1 km à travers le bois de Vincennes, en remontant vers l’Hôtel de Ville et en profitant des quais de Seine, c’est une belle aventure.

Les très courageux, après une préparation rigoureuse, se donneront rendez-vous le 14 avril pour le fameux marathon de Paris. Chaque année, c’est plus de 50 000 coureurs qui se retrouvent pour la légendaire distance des 42,195 km, la distance qui séparait Athènes de la ville de Marathon.

Plus débutants, mais envie de franchir le pas ? Paris s’est doté de petites distances axées sur l’ambiance et le fun, excellentes pour se lancer en compétition à son rythme. Tous les ans, en avril, The Color Run donne rendez-vous sur 5 km colorés  avant de s’achever au son des DJs. Pas peur de vous salir ? Rendez-vous au Mud Day, une course d’obstacles… dans la boue.

Bon à savoir

Les plus patientes peuvent se lancer dans La Parisienne, course de 7 km 100% féminine qui a lieu tous les ans à la fin de l’été. Rendez-vous le 8 septembre 2019 !

marathon paris

Les courses écologiques : courir autrement

A côté de ces grands rendez-vous, de nouvelles courses se multiplient : quitte à courir, autant courir engagé ! Et parmi ces causes, les courses écologiques sont en plein boom. En 2019, vous pourrez donc courir tout en soutenant l’environnement de différentes manières.

Il existe en effet différents types de courses écologiques : depuis le plogging jusqu’aux randonnées « nature », vous trouverez forcément la course qu’il vous faut. Dès la mi-mars, participez à l’écotrail de Paris, qui se décline en 4 trails (de 18 à 80 km), 3 randonnées, 3 marches nordiques et même une course d’escaliers sur la Tour Eiffel ! Le principe ? Une course nature en environnement urbain.

A la fin du mois, vous pouvez prendre un dossard à la Grande Course du Grand Paris, un 10 km éco-responsable. Pour chaque dossard, la course reverse 2 euros pour planter des arbres et et créer des jardins solidaires. En plus de cela, elle s’engage sur de nombreux fronts en multipliant les actions écologiques : ravitaillement bio et sans bouteille plastique, tri sélectif, toilettes sèches, médaille en bambou recyclé, etc. Et en bonus ? Une arrivée de rêve au Stade de France.

Pour les autres grands rendez-vous écologiques, il faudra en revanche attendre l’automne prochain. L’Ecorun Paris aura lieu à Vaucresson (92) le 6 octobre, proposant six courses et randonnées de 7 à 20 km. La course se revendique 100% nature, et fait signer une charte de bonne conduite environnementale : ne pas jeter ses déchets au sol, privilégier les transports en commun pour se rendre sur la course, etc. Le principe est surtout de découvrir l’environnement, et une partie du montant des inscriptions est reversée à l’Office National des Forêts.

A la fin du mois d’octobre, parce qu’il n’y en a pas que pour Paris, Rennes organise son marathon vert, pour lequel le principe est qu’un arbre est planté pour chaque kilomètre couru sur les cinq différentes épreuves. Signalons qu’avant cela, le 9 mars, le Marathon Vert organise un plogging sur 3 (marche) ou 7 km (course).

plogging courseMais le plogging, qu’est-ce que c’est ? C’est l’une des tendances écolos liées à la course qui se sont développées cette année. Arrivée tout droit de Suède, elle consiste à profiter de sa course pour ramasser les déchets qui traînent par terre sur son parcours. C’est le principe qui a également dicté l’organisation de l’Echappée Verte de Vincennes en septembre 2018, un plogging géant dont on ignore encore s’il sera reconduit cette année.

Si le plogging vous intéresse, sachez que le Nantais Nicolas Lemonnier a créé l’association Run Eco Team en 2016, une initiative « 1 run = 1 déchet » qui a notamment tapé dans l’œil de Mark Zuckerberg mais qui est aussi soutenue par des sportifs comme Denis Gardaud, champion olympique de canoë C-1 en 2016, ou Stéphane Diagana, sacré deux fois champion du monde en 400m haies. Rejoignez le mouvement en alliant course à pied et récolte de déchets !

Envie d'une course originale ?

Pour découvrir Paris autrement, lancez-vous dans la course Run My City, vraie balade culturelle dans la capitale française. Une façon de voir sa ville différemment.

Voici donc le récapitulatif des courses à ne pas manquer, toutes épreuves confondues :

  1. 10 mars 2019 : semi-marathon de Paris (départ à Vincennes)
  2. 14-17 mars 2019 : écotrail de Paris
  3. 31 mars 2019 : Grande Course du Grand Paris / Soli’Run
  4. Avril 2019 : Color Run Paris
  5. 14 avril 2019 : marathon de Paris
  6. 15-16 avril 2019 : Mud Day
  7. 12 mai 2019 : Run My City (Paris)
  8. Septembre 2019 (?) : l’Echappée Verte (Vincennes)
  9. 6-8 septembre 2019 : La Parisienne
  10. 6 octobre 2019 : Ecorun Paris (Vaucresson)
  11. 27 octobre 2019 : Marathon Vert (Rennes)

Course et engagement pour l’environnement

L’empreinte environnementale des courses organisées

Mais cette vague d’engagement écologique en course à pied est-elle contradictoire avec les courses organisées ? Si on a souvent l’image du running comme le sport écolo par excellence, déplacement à pied oblige, les images du parcours d’un marathon après le passage de 50 000 coureurs sur 42 km inspirent plus souvent le dégoût que l’éthique environnementale.

Il faut dire qu’une course, surtout sur ce genre de distance, c’est d’abord du ravitaillement pour ces milliers de coureurs : bouteilles d’eau, gobelets en plastique, gel énergisants en tout genre. Ce sont aussi les couvertures de survie qu’il faut ramasser après un marathon, les vieux vêtements abandonnés au fil de la course, les sacs utilisés pour se protéger du soleil. A cela il faut encore ajouter les goodies distribués aux coureurs : t-shirts, médailles, mais aussi prospectus divers, sacs, dossards.

pollution marathon

Bref, une course organisée, c’est aussi un sacré impact écologique. En chiffres, le marathon de New York 2017, ce sont 50 766 coureurs ayant passé la ligne d’arrivée, pour un total impressionnant de 84,29 tonnes de déchets. Un chiffre démesuré qui ne comprend pas les 8,83 tonnes de papier, 4,23 tonnes de métal, verre et plastique, et les 69 tonnes (!) de textile également ramassées.

Mais ces déchets, d’où viennent-ils ? En 2011, les ravitaillements du marathon new yorkais, le Graal de la course à pied, ont distribué 237 200 bouteilles en plastique et un chiffre dantesque de… 2 millions 300 000 gobelets. Si la performance sportive est impressionnante, la production de déchets qui l’accompagne ne l’est pas moins.

La France n’est pas en reste. En 2013, le marathon de Paris a distribué 470 000 bouteilles de Vittel et 28 000 litres de Powerade, en plus de 42 tonnes de fruits, 2 tonnes de fruits secs et 2,5 tonnes de sucre. Des chiffres qui n’ont pas diminué depuis, puisque 560 000 bouteilles d’eau ont été prévues pour les ravitaillements de 2018.

infographie course écologie

Organiser une course moins polluante, est-ce possible ?

Accumulés, ces chiffres font tourner la tête. Pourtant, des actions vont aussi dans le sens d’une certaine éthique écologique, et il doit être possible de faire mieux. Puisqu’il est question de l’extrême pollution des mauvais élèves que sont les marathons, saluons tout de même les initiatives qui s’y sont développées ces dernières années.

De l’autre côté de la Manche, au marathon de Londres, 90 000 gobelets compostables ont été distribués en 2018. Un effort déjà louable, mais pas autant que l’autre action qui a également été mise en place : l’utilisation de capsules d’eau biodégradables et comestibles, qui sont peut-être le futur des ravitaillements en course.

A Paris, les bouteilles d’eau sont recyclables, et le marathon s’est doté d’un programme de réduction des emballages en 2017, tout en doublant les containers répartis sur le parcours pour atteindre 590 poubelles. Après chaque ravitaillement, les coureurs disposent de 700 mètres pour se débarrasser de leurs déchets ailleurs que par terre. Cette année, les sacs plastiques sont également interdits dans le sas de départ.

course environnement

Mais nous, nous préférerions y voir les engagements de la Grande Course du Grand Paris, qui parvient bien à les appliquer à plus de 5 000 finishers en 2017. On aime surtout ses médailles en bambou qu’il est possible de planter, puisqu’elle contient des graines. Là aussi, on retrouve nos capsules d’eau comestibles plutôt que des bouteilles en plastique. Et côté partenaires, on signale que le ravitaillement dépend de Bio C’ Bon.

Des courses ambivalentes ?

Malheureusement, on regrette que certains engagements reposent sur peu d’actions concrètes. Le marathon vert de Rennes s’appuie surtout sur une liste d’engagements présents dans leur règlement, comme l’utilisation des poubelles, ou privilégier les transports en commun pour se rendre sur la course. L’Ecorun prévoit aussi une charte de respect de l’environnement, tout en listant parmi ses partenaires Vinci Autoroutes et Cofiroute.

Aux Etats-Unis, pour encourager les événements sportifs à limiter leur impact écologique, le Council for Responsible Sport a été créé en 2007. Cette association à but non lucratif décerne un label certifiant qu’une course est respectueuse de l’environnement, selon une longue liste de critères. Il faut en respecter 90% pour obtenir le plus haut niveau de certification.

Ces critères prennent en compte des actions variées, depuis les ravitaillements jusqu’aux déchets, mais aussi les mesures pour favoriser les transports en commun pour participer à la course. En 2016 puis 2018, le marathon de Chicago a obtenu sa certification : c’est donc qu’une autre manière de courir est possible !

Sources :

www.motherjones.com/environment/2011/11/marathon-nyc-green/

www.schneiderelectricparismarathon.com/fr

www.consoglobe.com/marathon-capsules-eau-cg