Les gaz non-conventionnels

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On estime actuellement qu’il reste 60 années de réserves de gaz conventionnels, or la consommation de gaz est en progression, notamment en Chine. Le gaz s’impose comme l’une des ressources fossiles permettant d’accompagner la transition vers les énergies renouvelables. Il va donc occuper une place importante dans la consommation mondiale pour les décennies à venir. Il est donc nécessaire pour les pays de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en gaz : celles-ci résident dans les gaz non-conventionnels.

Les gaz non-conventionnels ont deux attraits pour les pays et les industries : ils permettent de s’affranchir du contrôle de certains pays, et d’accompagner la transition vers les énergies renouvelables.

En effet, la Russie, l’Iran, le Qatar et l’Arabie Saoudite contrôlent actuellement 55% des réserves de gaz naturel conventionnel. Avec l’exploitation des gaz non-conventionnels, les Etats-Unis ont pu prendre en 2009 la place de premier producteur mondial de gaz au détriment de la Russie.

Les limites posées par les énergies renouvelables nécessitent de pouvoir les accompagner d’une autre forme d’énergie, moins soumise aux aléas du climat. Avec le rejet du nucléaire et la pollution liée au charbon, le gaz s’impose comme l’accompagnateur possible de la transition énergétique.

Qu’est-ce que les gaz non-conventionnels ?

Les gaz conventionnels sont ceux qui sont formés dans la roche mère puis migrent jusqu’à former des réservoirs perméables. Le forage permettra alors de les faire remonter grâce à une différence de pression ou de densité. Contrairement au gaz conventionnel, les gaz non-conventionnels se trouvent dans des roches très peu perméables. Ils ne sont donc pas facilement libérés lors du forage classique, et il faut des techniques différentes pour les extraire. Les gisements non-conventionnels s’étendent généralement sur des distances beaucoup plus importantes que les gisements conventionnels.

Il existe plusieurs types de gaz non-conventionnels :

  • Le gaz de schiste (shale gas) est le gaz qui est resté dans la roche mère où il s’est formé
  • Le gaz de charbon ou gaz de houille (coal bed methane) est le gaz également resté là où il s’est formé, mais ici le charbon
  • Le gaz de réservoir compact (tight gas) est le gaz qui a migré de la même manière que le gaz conventionnel vers une roche réservoir, mais celle-ci n’est plus perméable à cause d’un processus géologique
  • Les hydrates de méthane (methane hydrates), qu’on appelle aussi « glace de méthane », sont les gaz enfouis dans les zones arctiques.

Les gaz non-conventionnels représentent des ressources importantes, mais celles-ci n’ont pas été exploitées pendant longtemps en raison des difficultés techniques de forage. Les progrès récents ont permis l’exploitation, grâce à la combinaison de deux méthodes de forage. Cependant, toutes les ressources ne peuvent pas encore être exploitées, car pour certaines le forage nécessite plus d’énergie que le gaz ainsi obtenu n’en offrirait. Actuellement, on estime que l’Europe renferme jusqu’à 36 000 milliards de mètres cube de gaz non conventionnels, pas toujours exploitable.

Les techniques de forage

Les progrès techniques ont rendu rentable l’exploitation de la plupart des sources de gaz non-conventionnel. Deux techniques sont employées :

– le forage horizontal : il se fait à partir d’un puits vertical. Cela permet de couvrir le réservoir si une grande distance, jusqu’à 3 kilomètres.

– la fracturation hydraulique : il s’agit de créer des fractures artificielles dans le réservoir pour le rendre perméable et extraire le gaz. Elle se fait grâce à une injection d’eau sous forte pression, mêlée à du sable fin et des produits chimiques afin que les fractures ainsi créées ne se referment pas.

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Les risques

Le premier risque réside dans la méthode de forage utilisée. La fracturation hydraulique requiert en effet une très grande quantité d’eau, plusieurs millions par gisement. Cette eau est également mêlée de produits chimiques pour éviter que les fissures créées ne se referment. Une partie seulement de cette eau est récupérée, sans que le chiffre exact ne soit connu (entre 20 et 80% selon les sources). De plus, les stations d’épuration ne sont pas toujours en capacité de traiter cette eau. Il n’existe par ailleurs pas encore de certitudes sur l’infiltration de ces produits dans les sols et les nappes phréatiques.

Le second risque est celui d’émissions fugitives de méthane et de fuites de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique et explosif. Enfin, à long terme, le « mitage » des zones d’exploitation pourrait avoir un effet nocif sur les sols.

Aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, l’exploitation du gaz de schiste pose des questions face au problème des puits contaminés. En effet, au nom du secret industriel, les entreprises ne sont pas tenues de publier la liste des produits chimiques qu’elles utilisent lors de la fracturation. Or les cas de puits contaminés se multiplient là-bas, particulièrement aux alentours des exploitations de gaz non-conventionnels. Or les produits retrouvés dans l’eau correspondent généralement à des composants chimiques qui seraient utilisés pour la fracturation, ou du moins qui ont déjà été utilisés dans le cadre de fracturations.

Si en France, l’exploitation du gaz de schiste a été limitée, ce n’est pas le cas des autres gisements non-conventionnels, laissés dans un flou juridique.  Légalement, le gaz de charbon n’est par exemple pas considéré comme non-conventionnel.

 

Redactor

Written by louise

Mis à jour le 24 Mar, 2020

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