Métaux rares : la face cachée de la transition énergétique

Peu connues du grand public, ces ressources sont pourtant essentielles au bon fonctionnement de nos industries. Cependant, elles représentent aussi la face cachée de la transition énergétique, quel secret cachent-elles ?

Qu’est-ce que les métaux rares ?

Les métaux rares sont présents dans les appareils électroniques et les technologies vertes. Sans eux, il n’existerait pas de technologies numériques ni de transition énergétique. Cobalt, gallium, indium, iridium, germanium, tungstène, terres rares, des termes que l’on ne rencontre pas tous les jours mais qui font pourtant partie du quotidien de chacun. Ces métaux se trouvent en quantités moindres par rapport aux métaux abondants (fer, or, plomb, etc.), ce qui par conséquent réduit la taille du marché et explique leur coût élevé.

Où les retrouve-t-on ?

Aujourd’hui, les greentechs et le numérique dépendent totalement de ces ressources. En effet, on les trouve principalement dans les secteurs de pointe, les infrastructures de la transition énergétique (éoliennes, panneaux solaires, moteurs électriques), les infrastructures numériques, les smartphones, les écrans plats, etc.

Par exemple, dans une éolienne, on peut trouver jusqu’à 600 kilos d’aimants qui contiennent 31 % de métaux rares. Dans les voitures électriques, on trouve 10 à 15 kg de terres rares dans la batterie d’un véhicule hybride.

Pourquoi posent-ils problème ?

Les métaux rares sont très critiqués pour leur mode de production et leur statut d’alternatives durables aux énergies fossiles est remis en question. Leur extraction et leur raffinage posent problème. En effet, leur présence en quantité infime dans la croûte terrestre oblige à prélever des tonnes de roche pour isoler quelques kilos de métaux rares. Ce processus est lourd, coûteux et consomme énormément d’énergie. Le raffinage quant à lui, nécessite des produits chimiques afin de dissoudre la roche et isoler les métaux recherchés. Par la suite, ces substances toxiques polluent l’air, l’eau et les sols.

Par ailleurs, les métaux rares ne sont pas suffisamment recyclés. Un recyclage efficace permettrait de réduire les extractions. Cependant, le processus est très compliqué ce qui explique qu’il soit très peu mis en oeuvre. De plus, recycler ces métaux coûte actuellement plus cher que d’en racheter. Par exemple, seulement 15 % des smartphones sont recyclés notamment parce que les fabricants ne veulent pas dévoiler les composants de leurs alliages.

D’où viennent les métaux rares ?

Le principal pays producteur de ces métaux est la Chine. En effet, elle détient quasiment un monopole dans ce secteur en contrôlant 95 % de la production mondiale. En 20 ans, le pays s’est imposé comme l’un des seuls acteurs du marché des métaux rares, devenant un poids lourd sur le plan géopolitique. La réduction drastique du coût de la main d’oeuvre chinoise pour attirer les industries et le manque de réglementations ont permis à la Chine de diviser le prix des métaux rares de moitié. Ainsi, elle a désormais le pouvoir de contrôler le marché et ses fluctuations.

À partir des années 1980, les pays développés qui avaient entrepris une activité minière de métaux rares, décident d’y mettre fin à cause de sa nature polluante. D’autres pays, comme la Chine, qui était en recherche de croissance ont accepté d’endosser ce rôle. L’impact écologique était pour elle moindre face aux perspectives de gain économique.  Aujourd’hui, l’Occident est largement dépendant de la Chine pour les métaux rares et est accusé de ne pas réduire sa pollution mais de la déplacer. En effet, en faisant produire ces richesses par d’autres, les pays occidentaux n’ont pas à payer les coûts environnementaux dont ils devraient s’acquitter dans leur pays d’origine.

Le saviez-vous ?

2000 tonnes de déchets toxiques sont rejetées pour produire une tonne de terres rares

En Chine, la production de métaux rares a désormais des conséquences. La purification de ces métaux très “sales” extrêmement polluante et énergivore se fait à ciel ouvert. On constate aussi des phénomènes de radioactivité, notamment dans les lacs de rétention où la radioactivité est supérieure à celle autour de Tchernobyl. À Baotou, où sont produites la plupart des terres rares, les légumes ne poussent plus car les sols sont trop pollués, les cancers et l’ostéoporose sont de plus en plus fréquents car des vapeurs toxiques se répandent.

Actuellement, le développement de l’Occident se fait au détriment de la dégradation écologique de la Chine. Ainsi, la pollution se déplace vers l’Est, dans les pays sous-pollués.

Que doit-on donc penser des métaux rares ?

Compte tenu de l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons, nous ne pouvons pas nous permettre de remettre en cause la baisse de la consommation des énergies fossiles. La R&D joue un rôle primordial dans l’évolution technologique, car c’est ce qui va permettre de limiter l’utilisation des métaux rares employés dans la transition énergétique. Il faut donc en priorité remettre en cause les modes de consommations en encourageant le recyclage et en évitant de les utiliser là où c’est possible.

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