Mimosa : EDF prépare un plan massif d’économies

Résumé : Son nom est « Mimosa » : le plan d’économies massif du fournisseur historique d’électricité EDF, qui devrait être présenté à son conseil d’administration de la fin juillet, permettrait au groupe d’économiser 2 à 3 milliards d’euros.

Un groupe d’ores et déjà très fortement endetté

Avec la mise au pas de nombreuses entreprises pendant plusieurs semaines, la pandémie de Covid-19 a durement touché EDF : la consommation nationale d’électricité a chuté de plus de 20% durant le confinement.

Cela intervient dans un contexte où EDF était déjà mise en difficulté par de nombreux facteurs :

  • ralentissement du nucléaire ;
  • lourds investissements dans la production d’énergies renouvelables ;
  • obligation de revente d’une partie de sa production nucléaire à prix fixes aux autres fournisseurs dans le cadre de l’Arenh ;
  • perte de 100 000 clients par mois depuis 2018 ;
  • etc.

Fin 2019, EDF était endettée de 41 milliards d’euros. Sans plan d’économies, en 2022, le groupe pourrait être endetté de près de 50 milliards.

EDF avait déjà pour objectif de faire des économies drastiques

Recapitalisé par l’État en 2016, le groupe avait déjà promis d’économiser 1 milliard d’euros par an. Il s’engage aujourd’hui à économiser 2,5 milliards de plus par an.

Éviter ce qui n’est pas immédiatement indispensable

C’est pourquoi le groupe est en train d’élaborer Mimosa, un plan d’économies drastiques sur plusieurs années. Le groupe demande à toutes ses branches et filiales d’identifier les dépenses non indispensables.

Dans les trois prochaines années, EDF devrait donc mettre en place les mesures suivantes :

  1. Cession d’actifs ;
  2. Gel des embauches ;
  3. Gel des investissements ;
  4. Réductions budgétaires globales.

Celles-ci devraient lui permettre d’économiser jusqu’à 3 milliards d’euros. Le but étant bien sûr de maintenir le groupe à flots, mais également d’assumer les investissements en cours :

  • construction des EPR (European Pressurized Reactor) de Flamanville et Hinkley Point ;
  • prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires composant le parc français ;
  • production d’énergies renouvelables.

Évoqué le 3 juillet par le président-directeur général d’EDF Jean-Bernard Lévy dans le journal de l’entreprise, le plan définitif devrait être présenté au conseil d’administration du groupe à la fin du mois de juillet.

Redactor

Ecrit par deborah

Mis à jour le 7 Juil, 2020