Guerre en Ukraine : l’Allemagne va construire un terminal méthanier pour réduire sa dépendance au gaz russe

Massivement importatrice de gaz, l’Europe tente de trouver des solutions pour être moins dépendante énergétiquement de la Russie. Ce samedi 5 mars, l’Allemagne a signé un accord pour la construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié dans le nord du pays.

L’Allemagne, un pays très dépendant énergétiquement

De manière générale, en Europe, nous sommes très dépendants du gaz russe : 40% de nos importations de gaz proviennent de Russie.

Au sein de l’UE, l’Allemagne est l’un des pays les plus concernés par cette dépendance énergétique, la Russie fournissant 55% de ses importations gazières et cette énergie représentant 26% de son mix (là où il n’en représente que 17% en France).

Il n’est donc pas étonnant que dans ce contexte de fortes tensions diplomatiques, elle cherche à diversifier son approvisionnement.

Accord signé pour un chantier accéléré

Trois acteurs ont co-signé ce protocole d’accord :

  1. La banque publique KfW (qui finance à 50% le projet)
  2. L’opérateur public néerlandais Gasunie
  3. Le groupe énergétique allemand RWE

Il s’agit donc de la construction d’un terminal méthanier, infrastructure permettant de regazéifier du gaz naturel liquéfié, transporté par bateau. Il permettrait d’importer tous les ans 8 milliards de mètres cubes.

La construction d’un terminal méthanier prend généralement plusieurs années. Au vu du contexte diplomatique, KfW, Gasunie et RWE affirment tout mettre en œuvre pour que cette construction soit accélérée et que le terminal soit opérationnel le plus rapidement possible.

Quel impact sur la transition énergétique ?

La guerre Ukraine-Russie aura à n’en pas douter un impact sur la tenue des objectifs de neutralité carbone européens.

Bon à savoir

Si le terminal méthanier est doté dès le départ des équipements nécessaires pour une transition à l’hydrogène vert ou aux dérivés d’hydrogène, il ne pourra néanmoins pas immédiatement les exploiter.

Par ailleurs, partout en Europe, les efforts pour s’émanciper rapidement du gaz russe seront certainement synonymes d’augmentation de la part du nucléaire et du charbon dans le mix énergétique, notre production d’énergie verte n’étant pas suffisante pour couvrir tous nos besoins.

Sans oublier que là encore, l’Europe importe des quantités importantes : 27% pour le pétrole et 47% pour le charbon.

Réduire la consommation pour réduire la dépendance

Pas de solution miracle, donc, pour venir à bout de notre dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie ?

Comme l’explique cet article, à court et moyen terme, il semble en effet irréaliste d’envisager une émancipation totale. Mais un levier existe néanmoins : notre consommation ! Le premier pas pour être moins dépendant est donc de réduire nos besoins.

Concrètement, cela passe par exemple par une baisse du chauffage de 1°C dans tous nos bâtiments. Cela passe également par la construction de bâtiments à énergie passive, voire positive – c’est-à-dire de bâtiments très efficaces énergétiquement, qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

En plus de contribuer aux efforts pour la réduction de notre dépendance énergétique, réduire votre consommation vous permettra de limiter l’impact de la forte hausse des prix de l’énergie que nous connaissons sur votre porte-monnaie.

Mis à jour le 29 Mar, 2022

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Redactor

Déborah de Comarmond

Rédactrice en chef et experte des sujets énergie

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