L’heure du bilan aux USA

Résumé: Les États-Unis, l’une des plus grandes puissances mondiales, offrent un champ des possibles illimité. Beaucoup rêvent de déménager là-bas, pour vivre leur “american dream”, dans un pays où tous les fantasmes semblent possibles. Mais les États-Unis, c’est également de nombreuses catastrophes naturelles, qui inquiètent régulièrement sa population.

D’où viennent ces phénomènes. Qui sont les responsables de ces catastrophes à répétition ? Et surtout à qui incombe-t-il de changer la donne ?

Des fléaux qui font partie du quotidien

Les États-Unis sont un vaste pays de presque 10 millions de km2, avec une population dépassant les 325 millions. Ce grand territoire est souvent touché par de violentes catastrophes naturelles, dévastatrices. Ces phénomènes ne sont pas nouveaux, mais se multiplient et font régulièrement la une des journaux nationaux et internationaux. Depuis plusieurs années, les scientifiques expriment leur inquiétude, face aux catastrophes qui sont plus nombreuses, plus rapprochés et surtout plus destructrices.

En 16 ans, le pays a connu :

  1. 6 ouragans qui ont frappé violemment la Louisiane (État du Sud-Est, à la frontière du golf du Mexique).
  2. la région de San Diego (côte pacifique des Etats-Unis) qui a littéralement été détruite 3 fois par des feux de forêts.
  3. l’est du Kentucky (État du Sud-Est) qui a été victime de plus de 9 tempêtes nécessitant l’assistance du gouvernement fédéral, ce qui traduit la violence des catastrophes.

Aux États-Unis, la majorité des catastrophes naturelles sont concentrées sur la côte Atlantique Sud et le Golfe du Mexique. Mais le centre du pays est lui aussi souvent touché par de très violentes tornades ou des orages régulièrement à l’origine d’inondations. Tandis que la Californie, est régulière détruite par des feux et des tremblements de terre, zone extrêmement “sensible” située sur la faille de San Andreas.

Donald Trump, actuel président des États-Unis, affiche clairement son point de vue concernant le réchauffement climatique, ne se cachant pas d’être climatosceptique.

Climatosceptique, c’est quoi ?

“Climato-sceptique désigne une personne qui ne croit pas vraiment au réchauffement climatique ou à l’incidence de l’activité humaine sur celui-ci. Généralement, les climato-sceptiques considèrent que le réchauffement climatique est cyclique et qu’il est tout à fait normal.” Définition : L’intern@ute.

Pourtant, depuis quelques années, les catastrophes sont plus fréquentes et plus virulentes. La cause est connue des scientifiques, qui tentent d’alerter l’opinion publique sur le danger, il s’agit du réchauffement climatique. Des études ont démontré que les grands incendies de forêt sont plus réguliers et plus violents dans l’ouest des États-Unis. La cause ? Le réchauffement climatique qui rend les forêts plus sèches et donc plus propices au départ d’incendie. Ce phénomène s’observe également avec les ouragans. Le nombre d’ouragans n’a pas augmenté de façon significative, mais ils sont beaucoup plus forts et plus chargés en humidité, ce qui les rend plus redoutables.

Le 45e président américain, continue d’ironiser sur les réseaux sociaux, en twittant par rapport au réchauffement climatique mais pour les habitants américains, il y a une véritable prise de conscience. Selon un sondage publié fin janvier 2019, dans le New York Times, 73% des américains affirment que “oui le réchauffement est en train d’arriver” et 48% disent déjà en souffrir. Il s’agit d’une évolution de 9% contrairement à mars dernier.
Cette prise de conscience est certainement influencé, par un nouveau drame qui a eu lieu en fin d’année dernière.

Une catastrophe historique

En novembre 2018, une catastrophe a détruit le nord de la Californie. Il s’agit du Camp Fire, l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie, il a ravagé la région pendant plus de 15 jours, détruisant tout sur son passage et provoquant le décès de 88 personnes.

Le feu s’est déclaré le 8 novembre dernier, près de Sacramento et s’est rapidement propagé sur plus de 57 hectares. Malgré les milliers de pompiers et d’importants moyens mis en place, le feu s’est déplacé détruisant plusieurs villes.
Paradise, ville de 27 000 habitants a littéralement été rayé de la carte américaine. Aujourd’hui il ne reste plus rien de la ville, hormis des carcasses de voitures et maisons détruites par les flammes. Différents facteurs sont venus alimenter le feu.

Depuis plusieurs semaines la Californie souffrait d’une sécheresse, ce qui influence particulièrement le départ d’incendie. De plus des vents secs ont permis au foyer du feu, de grandir plus rapidement.
Les conditions climatiques, sont à prendre en compte, mais il est également important de savoir que la Californie souffre d’un important étalement urbain, qui accentue les drames lors d’un départ de flamme. Mais un autre coupable se cache aussi derrière ce drame.

PG&E sur le banc des accusés

Wall Street Journal, 18 janvier 2019, “C’est la 1ère faillite liée au changement climatique, probablement pas la dernière”.

Aujourd’hui, l’EDF californien, PG&E (Pacific Gas & Electric) qui alimente 16 millions de foyers californiens, est accusé d’être responsable du départ de l’incendie. En effet, le feu aurait été déclenché par des étincelles sur une ligne à haute tension du groupe. L’équipement ne semblait pas présenter de négligence directe. Néanmoins la législation californienne, rend les fournisseurs d’électricité coupables, si un incendie est déclenché à cause de leurs équipements.

Seulement 4 mois après le drame, le groupe a déjà perdu 80% de sa capacité boursière et se retrouve clairement en faillite. Mais ce n’est pas la première fois que le producteur d’électricité est mis en cause dans ce type de fait. En 2 ans, il a été accusé du départ d’une vingtaine de feux en Californie, qui ont tué plus de 100 personnes. En 2010, PG&E était également condamné pour une explosion de gaz à San Francisco, qui avait provoqué le décès de 8 personnes. D’ailleurs, selon son dossier de faillite, le passif du groupe lié aux précédentes poursuites, dépassent les 50 milliards de dollars.

Mais cette fois-ci l’ampleur du drame est beaucoup plus important et les répercussions sur le groupe risque donc d’être plus conséquente. Le dossier implique des régulateurs fédéraux et locaux, ce qui touchera donc : les victimes d’incendies, les actionnaires et les créanciers. Mais suite à ça, le prix des l’électricité risquent de s’envoler, ce qui entraînera donc des répercussions sur les consommateurs et les fournisseurs d’énergie.

Il est également reproché à l’entreprise, le fait qu’elle aurait pu anticiper le drame, en entretenant mieux son réseau. Par exemple, il aurait été possible d’enterrer les lignes à haute tension, de mieux déblayer les zones végétales autour des pylônes ou encore placer des capteurs à incendie, pour mieux détecter les départs de feu à proximité de ses installations.

À ce jour, 750 plaintes ont été déposées contre PG&E, pour l’incendie Camp Fire et 30 milliards de dollars de dédommagements sont demandés.