Grand Paris de l’Energie #4 : Rencontre avec Dom de Fort Récup

Le Fort d’Aubervilliers, cette ancienne forteresse qui servait de protection à la ville de Paris, est sur le point d’être transformé en un lieu novateur, loin de son passif militaire… Rencontre avec Dom, le co-fondateur du projet Fort Récup. 

 

Les casemates de l’enceinte du Fort

Le projet de Thomas et Dominique s’inscrit dans un lieu, le Fort d’Aubervilliers, duquel il est impossible de le dissocier. L’histoire de leur projet est aussi l’histoire de la découverte d’un espace inédit : il suffit de franchir une barrière pour passer de l’agitation de la ville d’Aubervilliers au calme presque perturbant du Fort. Les terrains vides où la nature a repris ses droits et les entrepôts déserts de Gustave Eiffel laissent penser que tout est à l’abandon. Pourtant, dans les faits, ce terrain de 36 000 mest la propriété de la société privée Grand Paris Aménagement et nombreux sont les acteurs qui le convoitent.  Des 14 forts qui protégeaient Paris au XIXème siècle, le Fort d’Aubervilliers est le dernier vestige, et le faire revivre est l’intention des nombreuses personnes qui y travaillent.

C’est au sein du mur d’enceinte du fort que Dom’ nous amène : depuis deux ans maintenant, lui et son associé dédient leur temps libre à réhabiliter cet espace mystérieux, qui ressemble à un tunnel traversant d’une vingtaine de mètres de long, appelé “casemate”. Impossible pourtant de deviner la grandeur du lieu lorsqu’ils le découvrent pour la première fois. Le lieu est jonché du sol au plafond de débris en tout genre, héritage des activités diverses qui y ont pris place au cours des siècles précédents. Pour notre part, nous découvrons un lieu chaleureux, aménagé à la manière d’un appartement, résultat de longs mois de travail. Mais le plus frappant reste le sentiment qui y règne : celui d’être coupé du monde, “englouti” dans la nature, alors que la station de métro “Fort d’Aubervilliers” se trouve à moins de 200 mètres.

Donner une seconde chance. C’est comme ça que se résument les valeurs qui motivent le projet de Fort Récup’. Parce que la récup’ ne doit pas se limiter à l’aspect matériel qu’on lui donne habituellement, il faut voir plus large. Récupérer, c’est donner une seconde chance aux objets, certes, mais aussi aux lieux, aux personnes, aux projets. Pour cela, Dom’ et Tom’ s’appliquent à trouver des ré-utilisations vertueuses et valorisantes à tout ce qu’ils trouvent. Avec ce projet, ils n’ont pas la prétention de changer le monde, juste celle d’en construire un différent, à leur échelle, en accord avec leurs valeurs de partage et selon leur devise :  Récupérer, Raviver et Recommencer.

Le monde de Fort Récup est en construction permanente. Jusque là, deux casemates ont été totalement nettoyées et débarrassées des débris et seulement une est aménagée en un espace de vie 100 % recyclé. L’objectif final est d’en faire un laboratoire urbain qui accueille et donne sa chance à toute sortes d’initiatives : concerts privés, tournages, dîners, expositions … Le Fort Récup deviendra à terme un espace d’expérimentation qui sort de l’ordinaire, qui propose des choses différentes, valorise les idées hors du commun et les rend accessible à tout le monde. Un projet “inclusif”, nous dira Dom. Mais le temps et l’argent manquent pour le moment aux deux associés qui continuent de travailler en dehors de leur association. Si pour le moment l’intégralité des fonds utilisés sont des fonds propres, leur objectif à terme est de réussir une levée de fonds participative et de donner corps à tous ces rêves. La notoriété ou le succès sont loin des préoccupations de Fort Récup.

Dans l’enceinte du Fort, entre nature et tags

L’un des piliers du projet est l’inclusion des gens du quartier. Bien qu’il y ait de plus en plus d’interactions avec les habitants d’Aubervilliers souvent curieux de ce qu’il se passe à l’intérieur, l’enceinte du Fort demeure un mur physique infranchissable. Pour autant, les associés tiennent absolument à faire de leur espace un lieu accueillant et accessible, et non pas branché et tendance. Combiner tout ça à l’envie de respecter l’environnement en installant des énergies renouvelables est compliqué. Les infrastructures d’énergies renouvelables sont malheureusement trop coûteuses pour le moment, mais les deux hommes ont tout de même fait le choix du poêle à bois comme moyen de chauffage. A terme, les deux associés aimeraient installer des panneaux solaires et des micro éoliennes. L’installation d’un système de compost est également prévue pour l’année prochaine.

 

Le Saviez-vous?

Le chauffage au poêle à bois permet de diffuser une chaleur agréable, plus facilement maîtrisable tout en utilisant une énergie renouvelable. C’est une chaleur douce et homogène que diffusent les poêles à bois. Le positionnement du poêle à bois permet d’augmenter ses performances et d’utiliser le moins de bois possible pour un chauffage optimal. Moins cher que le gaz et l’électricité pour le portefeuille, c’est également moins cher pour la planète. Le chauffage au bois rejette du CO2, certes, mais il a un impact environnemental quasiment neutre.

 

Avec des initiatives comme la leur, c’est tout un quartier comme celui d’Aubervilliers qui pourrait se renouveler. En parallèle, le projet d’Ecoquartier se poursuit et devrait prendre place non loin de Fort Récup. L’association entend bien travailler en coopération avec les acteurs de ce projet pour créer un ensemble cohérent.

 

Qu’est ce qu’un Écoquartier?

Un écoquartier est un aménagement urbain où le développement durable est au coeur du projet. Réduction de gaz à effet de serre, économies d’énergies, utilisation d’énergies renouvelables caractérisent les projets d’écoquartier. Le recyclage des déchets, la gestion des énergies et un impact environnemental minimal et maîtrisé sont les mots-clés de la naissance d’un écoquartier. Les écoquartiers s’articulent autour de projets socio-urbains et culturels en proposant aux habitants de se réapproprier leur quartier tout en bénéficiant d’un cadre de vie en accord avec les valeurs du développement durable.

 

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( update 15 janvier, 2018 )