Une jeunesse engagée pour le climat

Résumé: Les grèves lycéennes se déroulent dans plusieurs pays du monde, rassemblant des centaines, voir des milliers de jeunes citoyens qui ont décidé d’attirer l’attention des politiques sur la question du climat. Malgré leur âge, entre 6 ans et 20 ans, ils ont bien compris l’importance et les enjeux du réchauffement climatique.
Nous avons donc décidé de vous en dire un peu plus sur ce mouvement et surtout de vous présenter l’adolescente qui est à l’initiative de la rébellion.

Une jeune suédoise à l’initiative du mouvement

Derrière ce mouvement, qui a vu le jour début octobre 2018, se cache au départ et s’affirme maintenant une suédoise de 16 ans, Greta Thunberg.

Greta Thunberg est donc une jeune fille, qui a 11 ans a été diagnostiqué autiste Asperger. Depuis son plus jeune âge, elle s’intéresse avec beaucoup d’intérêt à la planète et au risque que représente le réchauffement climatique. Cela n’est certainement pas dû au hasard, dans ses ancêtres, Greta compte le scientifique Svante Arrhenius, un des premiers qui alerta sur les dangers du réchauffement climatique lié aux émissions de gaz carbonique en 1896. Si cet aïeul éloigné a inspiré l’adolescente, c’est seule qu’elle a décidé de faire l’école buissonnière en août 2018.

La jeune fille prit la décision de louper les cours tous les vendredis, depuis août 2018, pour se rendre au parlement suédois, à Stockholm, où elle se positionne devant le bâtiment, armée de ses pancartes en carton. Elle souhaite appeler les politiciens à ouvrir les yeux et à agir en faveur du climat.

Si dans un premier temps, elle n’attire pas l’attention, ni le sérieux, rapidement les médias s’intéressent à cette jeune suédoise. Le 16 septembre 2018, elle invite les écoliers, collégiens et lycéens à se mobiliser tous les vendredis pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le 22 octobre 2018, Greta Thunberg réalise son premier discours officiel, face à 10 000 personnes à Helsinki en Suède. Rapidement ce discours a les effets escomptés et Greta Thunberg devient ambassadrice d’un mouvement mondial, celui des grèves lycéennes pour le climat.

Sa parole est alors écoutée et reconnue. Le 3 décembre 2018, la jeune suédoise est donc invitée à prendre la parole face à Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.

Durant son discours Greta souligne différents points, par exemple les accords de Paris qui ont été fait dans le but de diminuer les émissions de CO2, or elles ont continué d’augmenter depuis. Elle rappelle également que nous nous trouvons actuellement dans la 6e extinction de masse, aujourd’hui jusqu’à 200 espèces par jour sont menacées de disparaître. Si la disparition des espèces est une des conséquences du réchauffement climatique, notre dépendance au pétrole est un des facteurs les plus importants du réchauffement climatique, ce qu’évoque Greta Thunberg devant les membres des Nations unies.

Le Saviez-vous ?

Depuis le 1er janvier 2019, plus de 550 milliards de barils de pétrole ont été consommés dans le monde. Or le pétrole reste une des énergies fossiles les plus polluantes.

Durant la COP24, qui se déroulait à Katowice en Pologne, Greta Thunberg passe un nouveau cap, en s’exprimant devant les dirigeants des plus grands pays du monde. Mais la jeune fille ne se démonte pas et une nouvelle fois, elle expose les échecs et les conséquences de leur passivité. “Vous nous avez ignoré par le passé et vous allez continuer à le faire. Vous êtes arrivés à court d’excuses et nous sommes à court de temps. Si nous sommes là, c’est pour vous dire que le changement arrive, que vous le vouliez ou non. Le véritable pouvoir appartient au peuple.” Au début de l’année 2019, l’adolescente reprenait la direction de la scène politique mondiale, en étant cette fois l’invitée surprise du Forum de Davos. Elle profite de ce déplacement pour montrer elle-même l’exemple, en se rendant dans la ville Suisse en train et non en avion. Elle devra voyager pendant 24 heures pour se rendre à Davos, alors qu’en avion elle aurait mis seulement 2h30 mais cela l’importe peu, car même si le trajet est plus long, il est beaucoup moins polluant.

“En étant là-bas et en faisant des discours, je voudrais qu’ils oublient leur intérêt personnel, pour s’intéresser au climat.”

La voix de la suédoise a pu être entendue et grâce à cette médiatisation, elle a pu exporter son message dans le monde entier. Depuis décembre 2018, nous pouvons donc voir de nombreuses manifestations en faveur du climat voir le jour un peu partout, notamment en Suisse, Belgique, Australie, Allemagne, Angleterre ou États-Unis. D’ailleurs selon le magazine Time, Greta Thunberg fait partie des 25 adolescents les plus influents au monde.

Le message est passé

En décembre 2018, 4 500 jeunes ont défilé dans les rues suisses, quelques jours avant ils avaient adressé un cahier de revendications aux autorités. Les demandes étaient en faveur du climat, comme sortir des énergies fossiles, obtenir zéro émission de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine d’ici 2030. Pour ceux qui leur ont répondu que c’était impossible, voici leur réponse : “Si le système actuel ne permet pas de répondre à ces revendications, alors il faut changer le système”. Le 18 janvier, une manifestation avait à nouveau lieu, puis le 2 février avec une manifestation générale.

En Australie, les manifestations se sont déroulées le 30 novembre dernier, comme en Suisse, les jeunes ont défilé dans les rues dans le but de faire prendre conscience du danger que représente le réchauffement climatique. La manifestation était encadrée par les parents, ainsi que l’association des jeunes pour l’action climatique.

Les manifestations qui ont eu lieu aux quatre coins du monde sont toutes le reflet du contexte environnemental de chaque pays. Par exemple, en Suisse, quelques jours avant les premières manifestations, la classe politique suisse se réunissait pour réviser la loi sur le CO2, ce qui a finalement été rejeté par le Conseil national. Quant à l’Australie, elle a affirmé ne pas renoncer au charbon et qu’elle ne tiendrait pas ses engagements de réduction d’émissions de CO2 pris lors de la COP21.

Quel avenir pour ce combat ?

En France, aucune réelle manifestation n’a eu lieu pour le moment, la mobilisation étant déjà fortement concentrée sur le mouvement des “Gilets Jaunes” et les manifestations étudiantes quant à la réforme du Bac et l’admission dans les facultés.
Mais aujourd’hui, les syndicats lycéens et étudiants se disent prêt à envahir les rues françaises en faveur du climat. Greta Thunberg a d’ailleurs lancé un appel mondial pour une grande journée de mobilisation lycéenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Les jeunes Français ont donc déjà prévu de répondre présent et de défiler les 15 et 16 mars 2019. A la suite de cela, les marches pour le climat prendront le relais dans le monde entier.