Les micro-processeurs chauffent notre quotidien

 Nous disposons tous (ou presque) d’un ordinateur chez soi et il arrive que celui-ci se mette à chauffer, à cause d’une trop longue utilisation, dû à forte demande de chargement de données. À ce moment-là, nous ressentons cette chaleur et ayant peur d’une surchauffe de notre appareil, nous l’éteignons ! 

 Et si on pouvait utiliser cette énergie pour améliorer notre train de vie ?

C’est la question à laquelle répond une start-up parisienne du nom de Qarnot Computing, qui a l’idée mettre à profit l’activité thermique de nos ordinateurs afin de nous réchauffer. À l’ère des nouvelles énergies, cette idée semble attrayante. Derrière les discours théoriques sur les économies d’énergie vient la pratique avec cette innovation qui semble pouvoir y remédier. Elle permettrait aux particuliers d’avoir la possibilité de se chauffer gratuitement et de ne pas polluer leur environnement.

Qarnot computing a produit le premier radiateur-ordinateur qui ne chauffe que via des micro-processeurs intégrés et liés à internet.

Néanmoins, comment un seul ordinateur pourrait chauffer toute une pièce ? Et bien, c’est un peu plus compliqué. Il ne s’agira pas d’utiliser un seul ordinateur, mais de profiter de la puissance des serveurs informatiques dont se servent les entreprises.

Les entreprises utilisent énormément ces data-centers, certaines peuvent utiliser l’équivalent en électricité de la consommation d’une ville de 100 000 habitants.

D’où vient la chaleur dégagée par ces serveurs ? Cela est dû aux calculs gigantesques qu’ils accomplissent.

La start-up Qarnot Computing propose de disperser ces serveurs chez les particuliers, afin de pouvoir profiter de la chaleur qu’ils dégagent, il est certes difficile de déplacer de la chaleur. « Notre idée, c’est la dispersion des serveurs, on étale les centres de calcul dans différents appartements : les informations sont donc disséminées chez des particuliers », explique Paul Benoît, dirigeant de la start-up Qarnot computing.

Le saviez-vous ?

 Le monde de l’informatique est très polluant pour la planète, une simple demande sur un moteur de recherche produit 7 grammes de C02. Imaginez, ce que donnent les 232 millions de serveurs existants dans le monde ! De plus créer un ordinateur, c’est consommer 240 kg d’énergies fossiles et 1,8 tonnes de matières telles que le cuivre ou l’or. 

L’idée d’un radiateur intelligent

C’est en évaluant tous ces paramètres que Paul Benoit crée les Q-radiateurs (diminutif de radiateurs intelligents) reliés à un réseau informatique.

Le radiateur est composé de résistances qui vont être remplacées par des processeurs apte à réaliser des calculs afin de créer une source de chaleur. Par ce mécanisme, Paul Benoît monnaye le calcul informatique à moindre coût. En effet, des microprocesseurs sont ainsi placés dans des radiateurs en aluminium qui chauffent l’habitat tout en soumettant aux entreprises clientes de la start-up, des données. C’est ce qui fait vivre cette entreprise. Petit détail qui n’en n’est pas un, les serveurs placés chez les particuliers sont silencieux car oui, le confort reste primordial !

Toujours est-il que Qarnot Computing fait face à des difficultés. Elle doit acquérir des individus apte à faire confiance à leurs Q-radiateurs ainsi que des entreprises qui veulent bien lui accorder leurs besoins en calcul.

Une piscine chauffée par des serveurs !

Cette technologie donne également des idées et arrivent aux oreilles de certains membres des administrations municipales tels que l’adjointe d’Anne Hidalgo en charge de l’environnement, Célia Blauel.

Cette dernière veut pouvoir chauffer des bâtiments entiers via cette innovation. En octobre 2017, la piscine de la Butte aux Cailles dans le 13e arrondissement de Paris a accueilli au sous-sol une multitude de serveurs appartenant à la start-up Stimergy. Ces serveurs stockent des données et hébergent des sites internet certes, mais sont aussi reliés à une chaudière qui recycle la chaleur qu’ils émettent pour combler les besoins en eau chaude de la piscine.

Une nouvelle bonne raison d’aller nager dans un environnement à basse consommation d’énergie ! Cela permet une économie d’énergie, car la source de chaleur est rachetée à la start-up et en échange Stimergy paye le loyer du bâtiment qu’elle occupe dans la ville. On estime que cela permettrait une économie de 80% sur le chauffage et de 50% sur l’eau.

Cette avancée écologique permet à chacun d’entre nous de faire attention à nos dépenses en énergie et d’avoir conscience de l’immense impact qu’ont nos ordinateurs sur notre planète. Soyons réactifs vis-à-vis des déchets informatiques qui la polluent !

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( update 12 janvier, 2018 )