Rencontre avec Agribio, union solidaire d’agriculteurs bio

Du 22 au 24 Octobre,  au parc des Expositions de Villepinte s’est tenu le Salon Nat’Expo, un salon international dédié aux professionnels innovants dans le secteur porteur du bio. Parmi les 500 acteurs présents, nous avons rencontré AGRIBIO Union, qui a accepté d’échanger avec nous sur ses activités et ses valeurs.

Les processus de production respectueux de l’environnement sont de plus en plus nombreux. La prolifération de produits labellisés bio sur le marché est rassurante mais pose de nombreuses questions sur la fabrication traditionnelle des produits de grande consommation. La question de la diffusion de pesticides sur les cultures, certains produits cosmétiques et leur lot de perturbateurs endocriniens soulève des polémiques régulières à juste titre. Il est aujourd’hui intéressant et important de diffuser des pratiques novatrices, innovantes et qui peignent la planète de son plus beau vert.

Une union solidaire de coopératives

AGRIBIO Union est une union de coopératives agricoles implantée dans tout le Sud Ouest Français. Son activité s’étend sur 16 départements et 15% de la production française se fait auprès de ses producteurs.

Elle se veut un véritable outil pour les adhérents et son objectif premier est d’assurer une production Bio qui garantisse des revenus décents aux agriculteurs tout en répondant aux demandes de qualité et de traçabilité des clients. Le maître mot de l’organisation est avant tout la coopération, et elle passe en premier lieu par la mutualisation des moyens de stockage. En gérant 15 sites de stockage sur son territoire, l’union permet l’optimisation des moyens et des coûts de transport.  Le travail des 1 000 agriculteurs impliqués s’articule autour de valeurs telles que la solidarité et l’équité.

 

Une gestion durable de la production

Pour une gestion intelligente et économe en énergie et en eau, les agriculteurs d’AGRIBIO font le choix d’une agriculture diversifiée et peu intensifiée, bien plus économe que le maraîchage ou l’agriculture sous serre (qui nécessite un éclairage permanent).

De manière générale, entre le transport, l’utilisation des outils (notamment des outils de séchage), tout est fait pour optimiser les ressources énergétiques et consommer moins quotidiennement. Par exemple, l’isolation thermique des silos agricoles permet de ne pas avoir recours à des systèmes de climatisation qui consomment beaucoup d’énergie. Aussi, un nouveau système d’alimentation en électricité des outils permet de ne pas maintenir tout le process sous tension mais de l’alimenter au fur et à mesure du parcour de la récolte.

Cependant, la consommation reste dépendante des aléas climatiques : une année pluvieuse donnera un grain plus humide, qui nécessitera davantage de séchage et donc une consommation en énergie plus importante.

L’importance de la gestion énergétique

L’interdiction du recours à des engrais minéraux qui s’applique pour l’agriculture biologique entraîne une baisse automatique de la consommation finale indirecte. En effet, la fertilisation par engrais minéraux azotés représente 45% de l’énergie consommée par une exploitation en grande culture non biologique.

Globalement, l’énergie est une problématique fondamentale pour le domaine agricole et notamment pour les gérants de grandes cultures : une étude de l’ADEME a montré que plus de 15% des charges variables des exploitants de grandes cultures était dédié à des dépenses pour l’énergie. Parvenir à réduire la consommation énergétique du secteur agricole induit donc un bénéfice pour les exploitants mais aussi pour le pays entier dans la mesure où près de 3% de la consommation d’énergie finale française est absorbée par l’agriculture.

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( update 15 janvier, 2018 )